Joliette – Petites balades urbaines http://www.petites-balades-urbaines.com Venez découvrir Marseille et son histoire ! Wed, 28 Mar 2018 16:00:25 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.26 https://i2.wp.com/www.petites-balades-urbaines.com/blog/wp-content/uploads/2017/10/cropped-Petites-balades-urbaines.png?fit=32%2C32 Joliette – Petites balades urbaines http://www.petites-balades-urbaines.com 32 32 137275093 En vidéo #11 : les Docks de la Joliette http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/en-video-11-les-docks-de-la-joliette/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/en-video-11-les-docks-de-la-joliette/#respond Wed, 07 Mar 2018 17:00:06 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=1326 Si vous vous souvenez il y a quelques semaines, je vous ai fait découvrir les « vestiges », si on peut dire, des anciennes compagnies maritimes qu’on trouve du côté de la Joliette.

Aujourd’hui je vous propose de retrouver le quartier et de découvrir sûrement le bâtiment emblématique : les Docks. Et pour ça, pourquoi pas reprendre la balade là où on s’était arrêté : à l’ancien siège de la Compagnie Générale Transatlantique.

Sur le chemin, je vous montrerai l’Hôtel des Douanes, toujours en activité d’ailleurs, signé du marseillais Gaston Castel. Ça sera l’occasion pour vous parler de cet illustre architecte, qui a beaucoup construit à Marseille. On peut citer par exemple le Monument aux morts de l’Armée d’Orient et des terres lointaines, l’Opéra municipal, l’extension du Palais de Justice, la prison des Beaumettes, et puis sa maison aussi, cours Roosevelt, près de l’église des Réformés. Et puis, pour en revenir à l’hôtel des Douanes, la réhabilitation du bâtiment vient d’être décidée. Une super nouvelle, j’ai hâte de voir la façade restaurée !

Je vous toucherai deux mots au sujet du passé colonial de la France, en passant devant l’ancien Hôtel du Service Colonial, et on passera devant l’ancien siège de la compagnie maritime Paquet, qui fait un clin d’œil aux liaisons commerciales développées avec l’Orient.

Et évidemment, on finira par découvrir l’histoire incroyable des Docks, réalisés par l’ingénieur Gustave Desplaces et sous la direction de Paulin Talabot (oui oui, le même qui a fait construire son château au Roucas Blanc). Les Docks, remaniés plusieurs fois depuis la création d’Euroméditerranée, sont aujourd’hui ouverts au public. Alors aucune excuse pour aller visiter ce petit bijou de l’architecture industrielle ! On en profitera évidemment pour parler de la rue intérieure, fraîchement remise au goût du jour par l’architecte italien Alfonso Femia.

J’espère que cette balade vous aura plu, et si c’est le cas n’hésitez pas à la partager massivement autour de vous. Enjoy ! 🙂

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En vidéo #08 : Les compagnies maritimes à la Joliette http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xixeme-siecle/en-video-08-les-compagnies-maritimes-a-la-joliette/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xixeme-siecle/en-video-08-les-compagnies-maritimes-a-la-joliette/#comments Wed, 24 Jan 2018 17:00:29 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=1307 Ce coup-ci je vous propose de découvrir les traces de l’architecture industrielle qui a donné le caractère qu’on connaît à la Joliette.

Mais on ne parlera pas que de bâtiments austères, loin de là : la balade commence même devant un ancien palace, à l’époque où les voyageurs convergeaient à Marseille pour prendre le bateau vers des contrées lointaines…

On va aussi mentionner le nom de Gaston Castel. Pour ceux qui ne situent pas, il s’agit d’un architecte qui a beaucoup œuvré à Marseille au cours du XXème siècle, et si son nom vous évoque déjà quelque chose, c’est peut-être parce que c’est ce nom, le Castel, qui a été retenu par les promoteurs pour la commercialisation de la résidence qui prend place justement dans l’ancien siège de la Compagnie Générale Transatlantique, bâtiment que je vous propose de découvrir aujourd’hui.

Enjoy ! 🙂

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En vidéo #03 : le trois fenêtres marseillais http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xixeme-siecle/en-video-03-le-trois-fenetres-marseillais/ Wed, 15 Nov 2017 17:00:28 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=1165 La troisième balade en vidéo… n’est pas vraiment une balade 🙂

J’avais besoin, avant de vous emmener vous balader dans les quartiers du centre-ville de Marseille, de vous expliquer deux-trois trucs sur cette fameuse typologie architecturale qu’on retrouve tant à Marseille. Donc, une petite pause pour vous présenter ce modèle était nécessaire.

Je vous explique tout sur cette typologie : comment elle est apparue, comment elle est composée, comment les appartements sont organisés à l’intérieur, etc, etc…

Si vous pensez avoir appris quelque chose, pensez à poucer bleu, c’est encourageant ! Partagez, likez, commentez, faites-moi plaisir !

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Les aménagements autour de la Major http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/les-amenagements-autour-de-la-major/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/les-amenagements-autour-de-la-major/#comments Mon, 22 Aug 2016 08:41:23 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=936 L’esplanade de la cathédrale de la Major vient d’être terminée ! Elle offre un nouveau belvédère sur le port et la baie de Marseille, à quelques mètres des Terrasses du Port qui offrent une vue similaire aux visiteurs du centre commercial. Mais le chantier, qui aura duré 16 ans, n’a pas été sans embûches…

Retour en 1995, année où le projet Euroméditerranée a été déclaré opération d’intérêt national. La Joliette est un quartier enclavé par les passerelles d’autoroute et la Cathédrale de la Major est étouffée par les bretelles d’accès, un rond-point, et les parkings plus ou moins sauvages. Quelques arbres subsistent en square face à l’école de l’Évêché, le reste n’est que circulation automobile. Depuis des années, les piétons ont délaissé la zone et les Marseillais ont perdu l’accès à la mer, phagocyté par le port et ses hangars. Euroméditerranée veut redynamiser le quartier et rendre aux Marseillais l’accès à la mer. Très vite, l’esplanade de la cathédrale devient un point nodal des aménagements prévus dans le projet urbain. L’objectif est de rendre la place aux piétons et faire de l’esplanade un nouveau belvédère sur la mer, par-dessus les voies de circulation.

Les fouilles du boulevard Schumann

En décembre 2000, Euroméditerranée est désigné maître d’ouvrage des travaux d’aménagement. Deux ans plus tard, l’architecte et urbaniste parisien Bruno Fortier remporte le concours d’attribution du marché public. Le projet reste en stand-by pendant encore quatre ans, le temps que la passerelle d’autoroute qui longe la cathédrale ne soit démolie, remplacée par le tunnel de la Joliette. Maintenant que le flux automobile est enterré, l’espace est enfin dégagé pour le démarrage des travaux.

Le chantier s’ouvre en 2006, côté Est d’abord. Le parvis face à la cathédrale est aménagé en priorité, avec la requalification des voies qui la séparent de la Mairie du 2ème secteur, et le boulevard Schumann, qui longe le palais de l’Évêché. Pour désengorger le quartier, on décide du percement du tunnel de la Major, sous le boulevard Schumann, qui envoie les voitures sortant du tunnel du Vieux-Port jusqu’au départ de l’A55, à Arenc.

Au cours du chantier, des fouilles archéologiques préalables révèlent la présence depuis l’Antiquité tardive de différents lieux de culte, et en particulier une riche mosaïque d’une quinzaine de mètres-carrés qui appartenait vraisemblablement au palais épiscopal du Vème siècle. Plus loin c’est un cimetière datant au moins du Moyen-Âge qui est découvert, mais aussi une fosse commune où furent entassés « à la hâte » les corps d’une partie des victimes de la grande peste de 1720. Les fouilles se poursuivent, laissant le chantier en attente pendant ce temps-là.

L'esplanade du J4
Vue sur l’esplanade du J4 depuis la Major
Photo : Jonathan Tourtois

Puis, c’est le J4 qui concentre toutes les attentions. Marseille va devenir, en 2013, la Capitale Européenne de la Culture, et le projet du Mucem se concrétise enfin. Il sera installé sur le J4, cette longue esplanade gagnée sur la mer au pied du Fort Saint-Jean. Dans le même temps, on décide de la construction de la Villa Méditerranée, avec son porte-à-faux ambitieux. Le boulevard qui part de la Joliette pour atteindre le Vieux-Port est redessiné, et prend le nom de Boulevard du Littoral. De nuit, la balade est superbe.

Les Voûtes de la Major

Dans la foulée, on décide de restaurer les Voûtes de la Major et d’y installer des commerces. Ce vaste ensemble architectural, offrant un socle à la cathédrale, a été construit pour absorber les importants travaux de terrassement de l’époque. C’est toute la moitié nord de la ville qui est en travaux, avec la construction de la cathédrale, mais aussi les premiers bassins de la Joliette, le percement de la rue de la République, et le remblaiement de l’anse de l’Ourse qui disparaîtra au fur et à mesure de la création des nouveaux quais.

La Ville de Marseille profite alors de ces aménagements pour créer des entrepôts sous l’esplanade de la nouvelle cathédrale. Ces entrepôts sont destinés aux navires de commerce qui accostent ici. Un soin tout particulier est apporté au dessin des façades, qui doivent souligner la monumentalité de l’édifice qu’ils supportent, et s’inscrire en cohérence avec son écriture architecturale. La vingtaine d’arcades d’une dizaine de mètres de haut souligne les arches du transept de la cathédrale, avec une régularité précise et rigoureuse. Au centre de la façade, un magnifique escalier en pierre à double volée ceinture une fontaine, et permet de relier les quais du port à l’esplanade.

Vue aérienne en 1985
Vue aérienne en 1985
Source : Geoportail

Les commerces des Voûtes perdurent jusque dans les années 1970. Parmi eux, on peut citer l’entreprise viticole Margnat, qui a installé ici ses chais pendant la première moitié du XXème siècle et qui importait des vins d’Algérie, de Grèce ou d’Espagne. On note aussi l’installation des peseurs jurés de Marseille qui, depuis 1228, avaient pour mission de peser et mesurer les marchandises qui transitaient par le port.

Peu à peu, les voûtes disparaissent sous des passerelles pour atteindre directement le nouveau hangar construit sur la mer, et derrière la passerelle autoroutière qui lance le flux de voitures de l’A55 vers le tunnel du Prado-Carénage. La Ville rachète les voûtes, mais leur accès est condamné.

Il faut attendre 2011 pour que la Ville entreprenne la requalification des voûtes. Les anciens entrepôts vont laisser leur place à des commerces haut de gamme. 5.200 m² sont enfin réhabilités, portées à 7.300 m² grâce à un ensemble de planchers intermédiaires en mezzanine dans certains locaux. Les façades sont restaurées selon les dessins originaux des architectes du XIXème siècle, en intégrant avec discrétion et élégance les enseignes commerciales contemporaines.

Les nouvelles Voûtes réhabilitées ouvrent enfin le 9 septembre 2014, après 50 ans d’abandon. Elles sont devenues un nouveau point de passage dans la longue promenade qui part de la place de la Joliette vers le fort Saint-Jean et le Vieux-Port. De larges trottoirs sont rendus aux piétons, et l’ancien parking sauvage en contrebas de l’avenue Vaudoyer, qui jouxtait l’ancienne consigne sanitaire de Fernand Pouillon1 est transformé en place urbaine, inaugurée la même année.

La deuxième phase du chantier de l’esplanade

Le chantier de l’esplanade n’aurait pas dû être interrompu pour autant. Malheureusement, lors des travaux des Voûtes, les études de structure ont constaté d’importants désordres dans le bâti ancien et notamment de graves problèmes d’étanchéité. En 2010, on décide d’interrompre le chantier en surface pour procéder à des travaux de consolidation en urgence.

Le pavement de l'esplanade de la Major
Le pavement de l’esplanade de la Major
Photo : Jonathan Tourtois

Entre temps, le projet a évolué. Initialement, une fontaine et une ligne d’eau de 50 mètres devaient habiller l’esplanade. Mais il a été privilégié la restauration de la fontaine prise dans l’escalier à double volée. En revanche, l’architecte a réussi à convaincre l’Architecte des Bâtiments de France de la nécessité d’offrir de l’ombre aux promeneurs. Au total, 44 mélias ont été plantés. L’essence a été choisie en fonction de la faible vitesse de sa croissance.

Mi-2015, les travaux reprennent enfin. L’esplanade de 9.500 m² est couverte de dalles en granit. L’appareillage des dalles trapézoïdales, grises ou noires, rappelle l’aménagement de la place Masséna de Nice, réalisée aussi par l’architecte quelques années plus tôt.

Le long de la rambarde côté mer, un long banc de 220 mètres permet d’admirer la vue sur l’esplanade du J4 et le départ des ferries vers la Corse et l’Afrique, selon le souhait de l’architecte :

« Regarder très clairement vers la mer; ensuite faire de cet espace un lieu d’ancrage pour des usages qu’il faut réinventer. Avec sa longue et haute silhouette, la cathédrale de la Major restera l’élément dominant d’un paysage où plusieurs paramètres viendront se mêler; celui d’une ville, qui devrait s’ouvrir du côté de la baie, mais également celui d’une circulation plus discrète, permettant à cette grande esplanade d’accueillir des usages contrastés »

Le projet intègre aussi la rénovation de l’escalier central des Voûtes, avec sa fontaine datant de 1852, ainsi que l’escalier côté rue Marchetti, dans le dos de la cathédrale.

Avec cette dernière inauguration, c’est tout le pourtour de la cathédrale de la Major qui a enfin retrouvé sa grandeur, et la statue de Monseigneur de Belsunce sa dignité.

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La nouvelle place Henri Verneuil http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/la-nouvelle-place-henri-verneuil/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/la-nouvelle-place-henri-verneuil/#respond Thu, 13 Mar 2014 06:41:42 +0000 http://glumph.free.fr/?p=660 Le projet urbain Euroméditerranée, créé en 1995, a franchi une nouvelle étape avec la mise en chantier des « Quais d’Arenc ». En jonction de ce nouvel îlot essentiellement composé de trois tours de logements et de bureaux, une nouvelle place publique a été aménagée. Elle sert d’espace-tampon entre le bâtiment ancien des Docks, actuellement en cours de rénovation, et le nouveau quartier d’affaires de la Joliette. Initialement appelée place de la Méditerranée, elle a été officiellement baptisée place Henri Verneuil et a été inaugurée le 22 juin 2013.
La nouvelle place permet d’ouvrir une liaison transversale entre le boulevard de Dunkerque, le long duquel file le tramway, et le boulevard du Littoral qui longe le Port autonome de Marseille. Elle s’ouvre également à l’Ouest vers le Silo, la nouvelle salle de spectacle de 2.000 places imaginée par Roland Carta et inaugurée en 2012, et à l’Est sur le tout nouveau théâtre de la Minoterie. À terme, le futur Euromed Center bordera la limite Nord de la place. Par sa situation, au Nord des Docks, elle répond symétriquement à la place historique de la Joliette au Sud. Elle devient donc tout naturellement un lieu polarisant dans le nouveau tissu urbain s’étendant de la Joliette jusqu’à la tour CMA-CGM.

Plan de la place Henri Verneuil
Plan de la place Henri Verneuil

Un lourd traitement minéral

La nouvelle place se déroule sur près de 8.000 m². Sa conception est due à Yves Lion, architecte mandataire, également en charge de la composition urbaine d’Euroméditerranée, et François Kern.

Pour résoudre le problème de la différence d’altimétrie entre le boulevard de Dunkerque et le boulevard du Littoral, elle s’organise sur deux niveaux. Le niveau haut est conçu comme un belvédère minéral, offrant une nouvelle vue sur le port. Des arbres d’agrément sont placés selon une trame régulière dans des pots cubiques en acier Corten. Au niveau bas, 24 platanes sont plantés à même le sol et s’inscrivent dans l’alignement de la façade maritime des Docks. Les deux niveaux sont reliés entre eux par un escalier en trois volées et par un ascenseur.

La place dans son ensemble est caractérisée par sa très forte minéralité. Le sol est traité de manière uniforme : seuls les arbres et les candélabres, simplement équipés de deux appareillages, structurent l’espace. La liaison piétonne entre les deux boulevards est simplement soulignée au sol par l’utilisation de deux teintes légèrement différentes. Le calepinage des éléments en béton désactivé intègre les réservations pour les arbres plantées selon un rythme régulier. L’escalier monumental, en pierre calcaire, souligne le soutènement réalisé entre les deux niveaux de la place.

Composition architecturale

La conception de la place est surtout marquée par son minimalisme. Rien ne vient perturber la lecture globale de l’espace ; aucun obstacle ne gêne la vue vers le Silo, le port et la passerelle de l’autoroute A55. Les teintes utilisées sont uniformes et sobres ; le mobilier urbain est discret et élégant.

Vue d'ensemble de la place
Vue d’ensemble de la place

Sous le niveau haut se loge le théâtre de la Minoterie. Sa façade en L est marquée par le lourd linteau qui pèse sur un soubassement totalement vitré. L’absence de points porteurs en façade accentue cet effet de masse. Toutes les menuiseries, portes ou grilles d’aération sont réalisées uniformément en acier laqué. Le linteau est même surélevé, formant ainsi le garde-corps de la place haute : il est réalisé en panneaux de béton blanc avec agrégats de marbre. Les joints creux des éléments sont chanfreinés, et rythment ainsi le linéaire de la façade. Ce calepinage soigneux assure à l’ensemble architectural une cohérence harmonieuse.

L'Infini, de Toros
L’Infini, de Toros

La surface de la place dissimule en sous-sol un vaste bassin de rétention d’une contenance de 3.000 m². Ce dernier préviendra les risques d’inondations d’une partie du quartier, accrus par la forte imperméabilisation des sols.

La place est dédiée à Henri Verneuil, le fameux réalisateur d’Un singe en hiver ou de Peur sur la ville, personnage d’origine arménienne ayant grandi à Marseille. Pour symboliser le lien entre la France et les Arméniens, une statue a été installée sur la partie haute de la place. Baptisée L’infini, elle est l’œuvre du sculpteur Toros, qui en a fait don à la Ville de Marseille pour l’inauguration de la place. La sculpture représente un ruban en laiton rouge s’enroulant sur lui-même, d’une largeur de 80 cm pour une longueur de 167 cm. C’est à Toros que l’on doit également le monument en hommage aux victimes du génocide arménien, dans la cathédrale apostolique arménienne sur l’avenue du Prado.

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La rue de la République : symbole de la Révolution industrielle http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xixeme-siecle/la-rue-de-la-republique-symbole-de-la-revolution-industrielle/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xixeme-siecle/la-rue-de-la-republique-symbole-de-la-revolution-industrielle/#comments Mon, 20 Jan 2014 19:30:08 +0000 http://glumph.free.fr/?p=447 L’âge d’or de Marseille correspond au développement commercial du port, impulsé par la Révolution industrielle au XIXème. Mais le Vieux-Port est alors saturé : on décide de la création du bassin de la Joliette, puis de celui d’Arenc. L’urbanisation de Marseille va devoir s’adapter au déplacement de son centre de gravité et aux changements démographiques. Réalisation majeure restée emblématique de cette époque : la rue de la République.

Marseille saturée et insalubre

À l’aube du XIXème siècle, Marseille s’étouffe dans son enceinte datant de l’Ancien Régime1. Le Vieux-Port se libère de son Arsenal, déplacé à Toulon par ordre de Louis XV en 1748. Progressivement, l’urbanisation se développe sur la rive sud du Vieux-Port et vers l’Est, le long de la rue Canebière.
Néanmoins, les vieux quartiers de Marseille, faits de rues étroites et exiguës, sont particulièrement insalubres. La ville est restée traumatisée par l’épisode funeste de la peste de 1720 au cours de laquelle près de la moitié de la population fut décimée. C’est pourtant là que se concentre la majorité des Marseillais, dans des immeubles modestes rappelant le souvenir du Moyen-âge, autour de hauts lieux de la vie de la cité : l’hôpital, la Mairie, le fort Saint-Jean ou encore la vieille église Sainte-Marie de la Major.
Avec le développement économique des échanges commerciaux avec l’Orient et les nouvelles colonies, on constate également à quel point les rues proches du port sont inadaptées au transport des marchandises. Le relief de la zone nord de Marseille est caractérisé par trois collines : Saint-Laurent, les Moulins et les Carmes. À l’heure où se développent pourtant les recherches autour des machines à vapeur, l’étroitesse des rues limite fortement la taille des véhicules qui doivent transiter entre le Vieux-Port et le nouveau bassin de la Joliette. Une solution doit donc être trouvée pour répondre aux nouvelles exigences de l’urbanisation de la Révolution industrielle.

Les différents scenarii envisagés

Très vite, l’idée de rejoindre le Vieux-Port à la Joliette fait l’unanimité. Un premier projet, appelé aujourd’hui projet Vaucher, propose en 1855 de réaliser un tunnel qui passerait sous la colline des Carmes. Trop cher, un deuxième projet est établi par Jules Mirès en 1858 : cet investisseur propose, ni plus ni moins, de raser complètement cette barrière physique. L’objectif de l’investisseur était alors d’unifier l’ancien port et  les nouveaux quartiers de la Joliette qu’il venait d’acquérir.

Plan à l'appui de la proposition faite par M. Mirès
Plan à l’appui de la proposition faite par M. Mirès
Source : gallica.bnf.fr Bibliothèque nationale de France

C’est finalement un projet d’entre-deux qui fera consensus. Le maire de Marseille Louis Lagarde charge Auguste Gassend, ingénieur des Ponts et Chaussées, de préciser le projet : le tracé du plan, le parcellaire, les îlots à démolir, etc. Après une première visite en 1860 pour inaugurer le nouveau Palais de la Bourse, Napoléon III revient à Marseille la même année pour approuver le projet de Gassend qui lui est soumis. L’année d’après, un décret classe la future rue parmi les routes impériales, signifiant l’engagement financier de l’État. Les plans définitifs seront établis en 1862 ; la ville signe alors un contrat avec Émile Pereire, lequel s’engage à construire la nouvelle voie ainsi que les immeubles qui la borderont. Le chantier démarre aussitôt.

  1. Une partie de ces remparts est encore visible, rue des Lices par exemple.
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