Aménagement urbain – Petites balades urbaines http://www.petites-balades-urbaines.com Venez découvrir Marseille et son histoire ! Wed, 28 Mar 2018 16:00:25 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.26 https://i2.wp.com/www.petites-balades-urbaines.com/blog/wp-content/uploads/2017/10/cropped-Petites-balades-urbaines.png?fit=32%2C32 Aménagement urbain – Petites balades urbaines http://www.petites-balades-urbaines.com 32 32 137275093 Les projets de requalification urbaine des grands axes de Marseille http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/les-projets-de-requalification-urbaine-des-grands-axes-de-marseille/ Fri, 01 Dec 2017 10:54:01 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=1218 La Ville de Marseille vient de publier une vidéo pour présenter les projets en cours et à venir concernant quelques grands axes routiers marseillais :

La vidéo confirme certains éléments dont on avait déjà entendu parler, et notamment les requalifications du Cours Lieutaud et du Jarret (boulevard Sakakini), toutes les deux prévues pour début 2019. Espérons simplement que la capacité d’absorption de la L2 (qui sera intégralement ouverte normalement à ce moment-là) aura effectivement fait son effet. Parce que démarrer ces deux chantiers simultanément… ça va être costaud de circuler en ville ! D’autant que les travaux à La Plaine seront déjà bien entamés… ça promet.

Mais la vidéo montre en image les projets d’aménagement urbain et il faut bien reconnaître que le résultat a l’air sexy. Imaginer Lieutaud retrouver ses platanes, les trottoirs de Sakakini élargis… j’imagine que tous les Marseillais sont impatients ! Non ?

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Les aménagements autour de la Major http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/les-amenagements-autour-de-la-major/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/les-amenagements-autour-de-la-major/#comments Mon, 22 Aug 2016 08:41:23 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=936 L’esplanade de la cathédrale de la Major vient d’être terminée ! Elle offre un nouveau belvédère sur le port et la baie de Marseille, à quelques mètres des Terrasses du Port qui offrent une vue similaire aux visiteurs du centre commercial. Mais le chantier, qui aura duré 16 ans, n’a pas été sans embûches…

Retour en 1995, année où le projet Euroméditerranée a été déclaré opération d’intérêt national. La Joliette est un quartier enclavé par les passerelles d’autoroute et la Cathédrale de la Major est étouffée par les bretelles d’accès, un rond-point, et les parkings plus ou moins sauvages. Quelques arbres subsistent en square face à l’école de l’Évêché, le reste n’est que circulation automobile. Depuis des années, les piétons ont délaissé la zone et les Marseillais ont perdu l’accès à la mer, phagocyté par le port et ses hangars. Euroméditerranée veut redynamiser le quartier et rendre aux Marseillais l’accès à la mer. Très vite, l’esplanade de la cathédrale devient un point nodal des aménagements prévus dans le projet urbain. L’objectif est de rendre la place aux piétons et faire de l’esplanade un nouveau belvédère sur la mer, par-dessus les voies de circulation.

Les fouilles du boulevard Schumann

En décembre 2000, Euroméditerranée est désigné maître d’ouvrage des travaux d’aménagement. Deux ans plus tard, l’architecte et urbaniste parisien Bruno Fortier remporte le concours d’attribution du marché public. Le projet reste en stand-by pendant encore quatre ans, le temps que la passerelle d’autoroute qui longe la cathédrale ne soit démolie, remplacée par le tunnel de la Joliette. Maintenant que le flux automobile est enterré, l’espace est enfin dégagé pour le démarrage des travaux.

Le chantier s’ouvre en 2006, côté Est d’abord. Le parvis face à la cathédrale est aménagé en priorité, avec la requalification des voies qui la séparent de la Mairie du 2ème secteur, et le boulevard Schumann, qui longe le palais de l’Évêché. Pour désengorger le quartier, on décide du percement du tunnel de la Major, sous le boulevard Schumann, qui envoie les voitures sortant du tunnel du Vieux-Port jusqu’au départ de l’A55, à Arenc.

Au cours du chantier, des fouilles archéologiques préalables révèlent la présence depuis l’Antiquité tardive de différents lieux de culte, et en particulier une riche mosaïque d’une quinzaine de mètres-carrés qui appartenait vraisemblablement au palais épiscopal du Vème siècle. Plus loin c’est un cimetière datant au moins du Moyen-Âge qui est découvert, mais aussi une fosse commune où furent entassés « à la hâte » les corps d’une partie des victimes de la grande peste de 1720. Les fouilles se poursuivent, laissant le chantier en attente pendant ce temps-là.

L'esplanade du J4
Vue sur l’esplanade du J4 depuis la Major
Photo : Jonathan Tourtois

Puis, c’est le J4 qui concentre toutes les attentions. Marseille va devenir, en 2013, la Capitale Européenne de la Culture, et le projet du Mucem se concrétise enfin. Il sera installé sur le J4, cette longue esplanade gagnée sur la mer au pied du Fort Saint-Jean. Dans le même temps, on décide de la construction de la Villa Méditerranée, avec son porte-à-faux ambitieux. Le boulevard qui part de la Joliette pour atteindre le Vieux-Port est redessiné, et prend le nom de Boulevard du Littoral. De nuit, la balade est superbe.

Les Voûtes de la Major

Dans la foulée, on décide de restaurer les Voûtes de la Major et d’y installer des commerces. Ce vaste ensemble architectural, offrant un socle à la cathédrale, a été construit pour absorber les importants travaux de terrassement de l’époque. C’est toute la moitié nord de la ville qui est en travaux, avec la construction de la cathédrale, mais aussi les premiers bassins de la Joliette, le percement de la rue de la République, et le remblaiement de l’anse de l’Ourse qui disparaîtra au fur et à mesure de la création des nouveaux quais.

La Ville de Marseille profite alors de ces aménagements pour créer des entrepôts sous l’esplanade de la nouvelle cathédrale. Ces entrepôts sont destinés aux navires de commerce qui accostent ici. Un soin tout particulier est apporté au dessin des façades, qui doivent souligner la monumentalité de l’édifice qu’ils supportent, et s’inscrire en cohérence avec son écriture architecturale. La vingtaine d’arcades d’une dizaine de mètres de haut souligne les arches du transept de la cathédrale, avec une régularité précise et rigoureuse. Au centre de la façade, un magnifique escalier en pierre à double volée ceinture une fontaine, et permet de relier les quais du port à l’esplanade.

Vue aérienne en 1985
Vue aérienne en 1985
Source : Geoportail

Les commerces des Voûtes perdurent jusque dans les années 1970. Parmi eux, on peut citer l’entreprise viticole Margnat, qui a installé ici ses chais pendant la première moitié du XXème siècle et qui importait des vins d’Algérie, de Grèce ou d’Espagne. On note aussi l’installation des peseurs jurés de Marseille qui, depuis 1228, avaient pour mission de peser et mesurer les marchandises qui transitaient par le port.

Peu à peu, les voûtes disparaissent sous des passerelles pour atteindre directement le nouveau hangar construit sur la mer, et derrière la passerelle autoroutière qui lance le flux de voitures de l’A55 vers le tunnel du Prado-Carénage. La Ville rachète les voûtes, mais leur accès est condamné.

Il faut attendre 2011 pour que la Ville entreprenne la requalification des voûtes. Les anciens entrepôts vont laisser leur place à des commerces haut de gamme. 5.200 m² sont enfin réhabilités, portées à 7.300 m² grâce à un ensemble de planchers intermédiaires en mezzanine dans certains locaux. Les façades sont restaurées selon les dessins originaux des architectes du XIXème siècle, en intégrant avec discrétion et élégance les enseignes commerciales contemporaines.

Les nouvelles Voûtes réhabilitées ouvrent enfin le 9 septembre 2014, après 50 ans d’abandon. Elles sont devenues un nouveau point de passage dans la longue promenade qui part de la place de la Joliette vers le fort Saint-Jean et le Vieux-Port. De larges trottoirs sont rendus aux piétons, et l’ancien parking sauvage en contrebas de l’avenue Vaudoyer, qui jouxtait l’ancienne consigne sanitaire de Fernand Pouillon1 est transformé en place urbaine, inaugurée la même année.

La deuxième phase du chantier de l’esplanade

Le chantier de l’esplanade n’aurait pas dû être interrompu pour autant. Malheureusement, lors des travaux des Voûtes, les études de structure ont constaté d’importants désordres dans le bâti ancien et notamment de graves problèmes d’étanchéité. En 2010, on décide d’interrompre le chantier en surface pour procéder à des travaux de consolidation en urgence.

Le pavement de l'esplanade de la Major
Le pavement de l’esplanade de la Major
Photo : Jonathan Tourtois

Entre temps, le projet a évolué. Initialement, une fontaine et une ligne d’eau de 50 mètres devaient habiller l’esplanade. Mais il a été privilégié la restauration de la fontaine prise dans l’escalier à double volée. En revanche, l’architecte a réussi à convaincre l’Architecte des Bâtiments de France de la nécessité d’offrir de l’ombre aux promeneurs. Au total, 44 mélias ont été plantés. L’essence a été choisie en fonction de la faible vitesse de sa croissance.

Mi-2015, les travaux reprennent enfin. L’esplanade de 9.500 m² est couverte de dalles en granit. L’appareillage des dalles trapézoïdales, grises ou noires, rappelle l’aménagement de la place Masséna de Nice, réalisée aussi par l’architecte quelques années plus tôt.

Le long de la rambarde côté mer, un long banc de 220 mètres permet d’admirer la vue sur l’esplanade du J4 et le départ des ferries vers la Corse et l’Afrique, selon le souhait de l’architecte :

« Regarder très clairement vers la mer; ensuite faire de cet espace un lieu d’ancrage pour des usages qu’il faut réinventer. Avec sa longue et haute silhouette, la cathédrale de la Major restera l’élément dominant d’un paysage où plusieurs paramètres viendront se mêler; celui d’une ville, qui devrait s’ouvrir du côté de la baie, mais également celui d’une circulation plus discrète, permettant à cette grande esplanade d’accueillir des usages contrastés »

Le projet intègre aussi la rénovation de l’escalier central des Voûtes, avec sa fontaine datant de 1852, ainsi que l’escalier côté rue Marchetti, dans le dos de la cathédrale.

Avec cette dernière inauguration, c’est tout le pourtour de la cathédrale de la Major qui a enfin retrouvé sa grandeur, et la statue de Monseigneur de Belsunce sa dignité.

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Petite balade en vélo le long de l’Huveaune http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/petite-balade-en-velo-le-long-de-lhuveaune/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/petite-balade-en-velo-le-long-de-lhuveaune/#respond Mon, 15 Aug 2016 07:00:57 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=870 Aujourd’hui, nous vous proposons une petite balade… un peu longue. Mais puisque nous allons parler d’équipements sportifs, munissez-vous d’un vélo et de votre maillot de bain : on vous emmène à la plage !

Cette balade va vous emmener depuis le Palais des Sports de Marseille jusqu’aux plages du Prado, en longeant l’Huveaune. Mis à part un tout petit tronçon le long du boulevard Michelet, toute la balade se fera sur un sentier protégé, bien à l’abri des voitures. Vous pourrez prendre vos enfants avec vous, tout le parcours est plat, sans aucune difficulté. C’est parti pour une balade de 6 km !

Allez à la station Sainte-Marguerite Dromel, sur la ligne 2 du métro. D'ici vous pourrez louer un vélo en libre-service à la station toute proche. Prêts ?

Nous sommes ici au cœur de la plaine sportive qui concentre ici de nombreux équipements sportifs municipaux : l’immanquable stade Vélodrome bien sûr, le plus discret stade Delort, le Palais des Sports, mais aussi le nouveau Palais de la Glisse, plus au Nord.

Le Palais des Sports

L'entrée du Palais des Sports
L’entrée du Palais des Sports
Photo : Jonathan Tourtois

Cette structure métallique jaune, franchement connotée années 80, marque justement l’entrée du Palais des Sports de Marseille. Conçu par l’architecte Jean-Jacques Letellier, il a été inauguré en 1988, presque 50 ans après les premières décisions municipales qui préparaient sa construction. Selon les configurations, il peut accueillir de 4.200 à 7.200 spectateurs. De nombreuses manifestations se déroulent ici, notamment l’Open 13 de tennis, une grande compétition internationale qui se déroule chaque année en février, où se retrouvent les têtes d’affiche du moment. Le bâtiment est adapté pour accueillir tous types de manifestations sportives : moto cross, tennis, boxe, gymnastique, handball, judo, danse, pétanque bien sûr… mais on y organise aussi des salons événementiels.

Le palais a été hôte du club de handball de l’OM Vitrolles, qui a disparu en 1996. Depuis cette date, le palais n’a pas de club résident.

La mairie envisagerait de redonner un coup de jeune au Palais des Sports. Il faut dire qu’avec le nouveau stade Vélodrome tout proche, les lieux paraissent désuets. Les services offerts aux spectateurs sont très limités, même pas de parking. On a envisagé la transformation du lieu en véritable Arena de 15.000 places. Mais pour le moment, aucun appel d’offres n’a été publié à ce sujet.

Avancez-vous sur le parvis du stade, derrière la géode métallique… Un petit stade se cache sous le viaduc du métro.

Le stade Pierre Delort

La tribune Sud du stade Delort
La tribune Sud du stade Delort
Photo : Jonathan Tourtois

Qui l’eût cru ! Voilà un stade marseillais privé de football ! En effet, les dimensions du terrain, 105 x 63 m, ne sont pas aux normes de la Fédération Française de Football, à… 5 mètres près ! Les matches de haut niveau ne peuvent donc pas se dérouler ici. Mais le grand frère, le Stade Vélodrome, n’est pas loin…

Restructuré en 2015 en même temps que son grand frère, le stade accueille néanmoins de nombreuses compétitions sportives. Les tribunes peuvent recevoir 5.000 spectateurs, et jusqu’à 15.000 selon les besoins. Les matches de rugby de niveau Pro D2 peuvent s’y dérouler. L’objectif de la mairie est même d’y installer un club de rugby résident.

Une piste d’athlétisme entoure le carré de pelouse naturelle. Il s’agit d’ailleurs du seul stade de Marseille où on peut accueillir des compétitions d’athlétisme d’envergure nationale et internationale.

Pour l’anecdote, notez que le stade Delort couvre une grande partie de la plus grande station d’épuration au monde.

Prenons maintenant vers le Nord, de l'autre côté du parvis, sur l'allée Ray Grassi, du nom d'un ancien boxeur marseillais. Vous longez le virage Nord du stade Vélodrome, connu pour sa réputation sulfureuse…

Le Stade Orange-Vélodrome

Inutile de présenter le Stade Vélodrome ! Cette enceinte colossale peut abriter jusqu’à 67.000 spectateurs les grands soirs, ce qui en fait le deuxième stade en termes de capacité d’accueil, derrière le Stade de France à Saint-Denis.

La nouvelle couverture du stade Vélodrome
La nouvelle couverture du stade Vélodrome
Photo : Jonathan Tourtois

Il a été récemment agrandi pour accueillir les matches de la compétition de l’Euro 2016.

Tous les aménagements autour du stade, dont certains sont encore en cours, ont été décidés conjointement aux travaux de transformation du stade. Les bâtiments de logements sur votre droite vous séparent du Parc Chanot.

Si vous voulez découvrir toute l’histoire du mythique stade Vélodrome, nous vous invitons à parcourir cet article détaillé !

Continuez sur l'allée Ray Grassi jusqu'au boulevard Michelet, en passant devant la Tour France 3 de 65 m de haut. Tournez à gauche pour arriver devant l'escalier du parvis du stade, en contournant le chantier du futur centre commercial du Prado.

Nous voici devant l’escalier monumental qui a été construit dans le cadre de la dernière campagne de travaux d’agrandissement du Vélodrome. À droite, vous verrez la boutique officielle de l’OM qui s’étale sur 1.000 m², et qui a rouvert le 9 janvier 2016.

Le club a aussi pour projet d’ouvrir un musée dédié à son histoire, au-dessus de la boutique. Une surface de 800 m² lui est d’ailleurs destiné dans l’enceinte du stade. C’est l’ancien footballeur marseillais Basile Boli, aujourd’hui ambassadeur du club, qui est en charge du projet. Trophées, anciens maillots, vidéos et archives de journaux : la glorieuse histoire de l’OM sera bientôt fièrement exposée ! Son ouverture est prévue l’année prochaine.

La mairie envisage de créer un « boulevard des Olympiens », sur le boulevard Michelet. Ce « hall of fame » dédié aux joueurs du club légendaire pourrait prendre place sur les trottoirs du boulevard, un peu à la manière d’Hollywood. Mais ce projet ne semble plus d’actualité aujourd’hui.

Longez le boulevard Michelet sur le trottoir d'en face et tournez à droite dans l'impasse, juste avant le pont qui enjambe l'Huveaune.

Le sentier de l’Huveaune

L’Huveaune est un petit fleuve côtier qui prend sa source dans le massif de la Sainte-Baume, près de la commune de Saint-Zacharie, et qui se jette dans la mer à Marseille.

Si vous vous attendez à un charmant ruisseau, vous risquez d’être déçu. En effet cette partie-là est souvent à sec, et la végétation sauvage laisse dubitatif. Rassurez-vous, plus loin dans la promenade, l’Huveaune reprend une forme plus romantique et la balade aménagée sera d’autant plus agréable !

En longeant l’Huveaune, vous contournerez le complexe sportif municipal René Magnac. Il s’agit du plus grand ensemble de Marseille : 17 courts de tennis éclairés dont 4 couverts, une piscine avec un bassin de 25 mètres sur 6 couloirs d’eau, une salle de fitness et une salle dédiée à la découverte des sports pour les enfants de 6 à 14 ans. Aucun intérêt architectural ou paysager, mais si vous voulez faire une pause pendant votre balade, sachez qu’un restaurant-snack vous accueille ici tous les jours, toute la journée.

Continuez sur le sentier au fond de l'impasse, puis traversez l'avenue de Mazargues. Toujours en longeant l'Huveaune, un peu plus loin sur votre droite s'ouvre le parc Henri Fabre.

L’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille

Voici un petit havre de paix au cœur d’une grande zone résidentielle très dense, le quartier Saint-Giniez. Peu connu, c’est un vaste espace constitué de grandes étendues de pelouse et de bosquets naturels. La plupart des gens qu’on croise ici sont des riverains des résidences aux alentours.

Située dans le parc Henri Fabre se dresse depuis 1992 l’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille. Le bâtiment est signé Roland Simounet, architecte français à qui on doit aussi l’école d’architecture de Grenoble et le musée d’art moderne de Villeneuve-d’Ascq. Le bâtiment abrite aussi le ­­­­Ballet National de Marseille.

L'École Nationale Supérieure de Danse de Marseille
L’École Nationale Supérieure de Danse de Marseillle
Photo : Jonathan Tourtois

Il offre une surface utile de plus de 5.000 m² dédiés à la danse, avec 7 studios parquetés de 144 m² chacun. Pour le ballet national, un studio de répétitions de 220 m² d’un côté et un grand studio de 380 m² de l’autre peuvent être fusionnés en un vaste espace qui, avec le gradin rétractable de 300 place, transforme le tout en une vraie salle de spectacle.

L’architecte a utilisé un vocabulaire simple pour définir l’enveloppe de son bâtiment, avec un soin tout particulier à la promenade et à la lumière, comme il l’explique :

Le parcours vivant, actif, faisant alterner passages abrités et espaces lumineux, mène au cœur de l’édifice. Volumes apaisants des studios de l’École, d’une géométrie simple, baignés d’un jour diffus. Vastes nefs des grands studios, clos de hauts murs et rayonnants de lumière. Au dehors, dans un grand travelling, réapparaît l’édifice, solaire, déployant ses volumes fortement structurés, équilibré par le mur de scène érigé, en forme de signal. Mouvement, rythme,harmonie, formes, justes réponses pour ce lieu voué à la Danse.

De l’autre côté de l’école de danse, impossible de ne pas mentionner les terrains de pétanque qui y sont aménagés. Très prisés des riverains, toujours nombreux toute l’année, les terrains servent aussi occasionnellement aux compétitions officielles, comme le Mondial La Marseillaise.

Ressortez du parc par là où vous êtes entrés, puis continuez le long de l'Huveaune jusqu'à l'entrée du Parc Borély, sur votre gauche. On vous avait bien dit que le fleuve deviendrait plus charmant !

Le Parc Borély et son lac

Le parc Borély est un des jardins marseillais les plus fréquentés. Il doit son nom à la bastide du XVIIIème siècle qui se dresse là, qui accueille aujourd’hui le Musée des Arts Décoratifs et de la Mode. Le parc en lui-même, couvrant une surface de 17 ha, est un exemple typique de jardin « à la française », très symétrique avec ses bassins d’eau et ses parterre de fleurs, et un parc paysager du XIXème siècle.

Le parc est très prisé des joggeurs, qui apprécient particulièrement ici l’ombre des arbres et l’absence de voitures. Il y a d’ailleurs, à l’entrée principale du parc sur la gauche, une zone en plein air pour l’entretien musculaire.

Il faudrait toute une après-midi pour découvrir dans le détail chaque recoin du parc et de la bastide. Mais puisqu’il s’agit d’une balade sur le thème des équipements sportifs, nous vous invitons à rejoindre le lac au centre de la petite forêt, où vos enfants pourront faire du pédalo entre les cygnes et les canards. Les embarcations existent depuis la création du parc ! Même Marcel Pagnol, quand il était enfant, venait se détendre ici. L’embarcadère lui-même est magnifique, tout en bois et abrité du soleil.

L’hippodrome Borély et le golf

Bien sûr quand on rentre dans le parc Borély, on ne peut pas manquer l’hippodrome qui le sépare des plages.

L'hippodrome Borély
L’hippodrome et le golf Borély
Photo : Jonathan Tourtois

Cet hippodrome date de 1860, à l’époque où les Marseillais découvrent le rivage de la corniche et où s’installent les nombreuses bastides qui font la renommée des quartiers Sud. La première course s’y déroule le 4 novembre 1860, à l’époque où le terrain faisait encore partie intégrante du parc Borély.

Le 5 juillet 1903, l’hippodrome délaisse sa vocation initiale pour quelques jours. En effet, Marseille est ville-étape du tout premier Tour de France. Mais pour des raisons de sécurité, les rues de Marseille étant couvertes de pavés et de rails, les organisateurs décident que l’arrivée et le départ se tiendront dans le quartier de Saint-Antoine, à 13 km au Nord du centre-ville. Pour ne pas gâcher la fête, les coureurs défileront tout de même à Marseille-même, et plus précisément dans l’anneau de l’hippodrome Borély, acclamés par 5.000 spectateurs.

Une grande campagne de modernisation de l’hippodrome se déroule en 1999 sous la direction de l’agence de l’architecte Alain Amédéo, devenue depuis l’agence Tangram. Tous les aménagements du public ont été transformés et reconstruits. L’hippodrome peut aujourd’hui accueillir 4.000 personnes, dont 1.200 personnes dans les tribunes couvertes.

Aujourd’hui encore, il s’y déroule entre une et deux courses par semaine. Mais il existe aussi à Marseille un autre hippodrome, dans le quartier Pont-de-Vivaux, dont les aménagements plus récents en font un endroit plus adapté à l’organisation de courses hippiques. Néanmoins, seul l’hippodrome Borély organise des courses d’obstacles.

Lorsqu’il n’y a pas de courses hippiques, le centre de l’hippodrome est transformé en practice de golf. Le site est remarquable, avec vue sur la mer, le parc Borély, et le massif de Marseilleveyre au loin. Il s’agit d’un parcours urbain, compact et très technique, qui s’étend sur 7,5 hectares. Il offre un parcours de 9 trous sur 1.185 mètres.

Plusieurs manières de sortir du parc Borély. L'une, en longeant encore l'Huveaune, où vous passerez le long d'un parcours de kayak. L'autre, en passant entre la bastide et l'hippodrome, vous rapproche de l'escale Borély. 

Les plages du Prado

Finissons notre balade en longeant un petit bout des plages du Prado, qui s’étendent sur 3,5 kilomètres en face des îles du Frioul. Vous voici à l’escale Borély, un lieu où se concentrent de nombreux restaurants et cafés.

Le parc balnéaire du Prado s’étend sur 26 hectares, et offre de nombreux aménagements pour les sportifs. Beach volley, bowl de skating, rochers d’escalade pour les plus jeunes… En plus des plages, il offre 5 hectares de pelouse et d’espaces boisés.

Le bout de la plage, vers le sud, est réservé pour les sports nautiques. Au Nord de la plage se tient l’école de voile de Marseille. On imagine que c’est ici que se tiendraient les épreuves de voile si Paris était retenue pour organiser les jeux olympiques de 2024.

Encore quelques dizaines de mètres vers le sud, jusqu'au skatepark du Prado. C'est ici que se termine notre balade. 

Le bowl des plages et l’aire de rochers d’escalade

En arrivant sur le skatepark, vous avez peut-être aperçu, quelques mètres avant, une petite aire de rochers d’escalade. Elle a été créée en novembre 2012, et comporte trois blocs de différents niveaux pour initier les enfants à partir de 8 ans. Plusieurs vois d’escalades sont aménagées, chacune matérialisée par une couleur de prises. La plus haute monte à 3 mètres. L’équipe en charge de la réalisation de ces blocs a cherché à obtenir une imitation la plus fidèle possible des calanques. Bien sûr, on est loin des falaises vertigineuses qui s’étendent de Marseille à Cassis, mais il faut reconnaître que le résultat est convaincant.

Quant au bowl, il a été inauguré le 13 juillet 1991, suivant une décision de la ville de Marseille de doter les plages d’équipements sportifs. Il a été conçu par Jean-Pierre Colinet, un architecte étudiant alors à Marseille et passionné de skateboard, qui était déjà à l’origine du bowl de Valmente. Aucun fabricant de skatepark n’étant capable de construire le projet de l’architecte, c’est une entreprise de paysagisme qui a répondu à l’appel d’offres.

Ce skatepark est très réputé en France et à l’international, avec sa piste de débutant, mais surtout son gros bowl en trèfle avec verticale, avec une partie plus flow avec spine plus une zone d’élan. L’idée est celle d’une coque de bateau, chaque coque représentant une vague sans fin. La plus grosse faisant 2,70 m de profondeur.

Pendant la quinzaine d’années qui a suivi son inauguration, le bowl a été la référence mondiale. Beaucoup de skateparks Américains et Australiens sont inspirés des bowls du Prado. Mais aujourd’hui, faute d’entretien, l’équipement est vétuste. La mairie envisagerait de le rénover en profondeur pour le printemps 2017.

 

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Petite balade nocturne autour du Vieux-Port de Marseille http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/petite-balade-nocturne-autour-du-vieux-port/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/petite-balade-nocturne-autour-du-vieux-port/#comments Mon, 25 Jul 2016 09:00:54 +0000 http://glumph.free.fr/?p=606 Marseille se visite aussi de nuit ! Le grand effort de mise en valeur du Vieux-Port est visible aussi à la tombée du jour. Voilà une balade idéale en sortant d’un restaurant. Venez voir les mises en scènes des grands concepteurs lumière du moment !

Pendant longtemps, à Marseille, les études d’éclairage du domaine public comme des bâtiments emblématiques ont été confiés aux services techniques de la Ville. Ces derniers, faute de réflexion globale sur l’architecture et le patrimoine, n’apportaient souvent qu’une réponse strictement technique et quantitative. Mais la prise de conscience récente du savoir-faire des concepteurs-lumières et autres plasticiens permet à présent de doter la ville d’installations de qualité. C’est ainsi que les promeneurs du soir peuvent apprécier le Vieux-Port sous un éclairage nouveau…

Si vous visitez Marseille en hiver, la nuit tombe plus tôt… Mais voilà une petite promenade rapide que je vous propose après un bon restaurant dans le quartier du Panier. Attention à ce que le MuCEM soit encore ouvert quand vous commencerez votre promenade, vous pourriez passer à côté d’un des plus beaux éclairages de Marseille ! Si vous pouvez programmer votre visite, sachez que le MuCEM ouvre ses portes jusqu’à 22h les vendredis. Une occasion rêvée !

Rendez-vous devant le parvis de l'église Saint-Laurent. Vous voilà sûrement sur un des plus beaux spots de Marseille.

La Mer-Veille

La mise en lumière du MuCEM
La mise en lumière du MuCEM par Yann Kersalé
Photo : Jonathan Tourtois

C’est Yann Kersalé qui a été chargé de la conception de la mise en valeur nocturne du MuCEM. Le plasticien a été associé très tard dans le projet architectural, dans le cadre du « 1 % artistique » de la commande publique. L’artiste a collaboré avec l’entreprise LEC pour la conception des appareillages, permettant de gagner du temps dans le processus de création. Le nom de son installation : la « Mer-Veille ».

L’idée du projet est d’utiliser le moucharabieh de façade conçu par Rudi Ricciotti comme un élément à éclairer en contre-jour. En utilisant les variations de bleu et de turquoise si chères à Yann Kersalé et en répartissant de manière non-uniforme ses appareillages, le bâtiment donne ainsi l’image d’un saphir dissimulé sous la peau organique en béton. En jouant sur l’épaisseur de la façade, l’intensité de l’éclairage varie en fonction du point de vue du passant : frontal, rasant ou oblique. Le jeu de scintillement du bâtiment est repris en écho par les variations de la danse au rythme des vagues, comme un phare luminescent. Pour arriver à ce résultat, les dispositifs d’éclairage prennent place dans l’interstice entre les éléments en béton et la façade en verre du bâtiment, précisément dans le déambulatoire périphérique ouvert en accès libre.

Empruntez la passerelle vers le MuCEM et rendez-vous sur la place d'armes du Fort Saint-Jean.

Le fort Saint-Jean

Le chemin de ronde du Fort Saint-Jean
Le chemin de ronde du Fort Saint-Jean
Photo : Jonathan Tourtois

Voici un site historique majeur de l’histoire de Marseille, enfin rendu au public. Il s’agit du fort Saint-Jean, réhabilité et intégré dans le parcours muséal du MuCEM. En accès libre, ce nouvel espace permet entre autre de profiter d’un point de vue privilégié sur le Lacydon, le palais du Pharo et la baie de Marseille.

Signés par les architectes de l’agence APS, les espaces extérieurs paysagers sont sublimés à la nuit tombée par les éclairages de Régis Clouzet, de l’Agence Lumière. L’objectif ici était de magnifier l’architecture militaire du Fort en tentant de dissimuler au maximum les installations techniques pour s’y intégrer totalement, tout en s’adaptant aux différents usages du site.

Trois thématiques ont été développées par les concepteurs-lumière. D’une part, la lumière doit révéler l’architecture et toute la symbolique que représente le Fort. Ensuite, elle doit souligner les aménagements paysagers, en distinguant certains végétaux mis en scène, tout en balisant les cheminements piétons et orienter les promeneurs vers les différents belvédères. Enfin, des installations ponctuelles permettront de proposer, à différentes périodes de l’année, des mises en scènes éphémères.

Un effort particulier a été apporté à la mise en scène du Jardin des migrations, un jardin botanique aménagé dans le fort et protégé derrière le mur d’enceinte. La lumière pourra être adaptée pour les différentes installations qui y prendront place tout au long de l’année.

Dans son approche globale, le projet fonctionne différemment au fur et à mesure que la nuit arrive. Au coucher du soleil, l’éclairage présente une couleur dominante blanche neutre. Puis, doucement, l’éclairage bascule doucement vers des teintes bleutés, plongeant le lieu dans une ambiance de pleine lune. À 1h du matin, conformément à la réglementation, le fort s’éteint finalement.

Prenez le temps de vous promener dans le fort Saint-Jean, les ambiances lumineuses sont superbes. Vous trouverez facilement de beaux points de vue sur le boulevard de la Méditerranée, qui s'étire jusqu'à la Joliette en passant devant les Halles de la Major, mais aussi le Pharo, de l'autre côté de l'entrée du Vieux-Port. Puis, descendez du fort par la Tour du Roi René et longez le port jusqu'à la Mairie.

La Mairie

Impossible de passer devant la Mairie de Marseille sans parler des aménagements qui y ont été réalisés en 2006 par l’architecte Franck Hammoutène et le paysagiste aixois Pierre-Paul Petel. Ici, 22.000 m² d’espaces publics ont été requalifiés, sans parler de l’Espace Bargemon, en sous-sol, et la salle du Conseil Municipale, elle aussi enterrée. Bien sûr, la nuit, vous ne verrez pas grand chose des ces lieux… Mais si vous avez la possibilité de les visiter de jour, ça vaut le détour.

Franck Hammoutène a même reçu le Prix de l’Equerre d’Argent1 en 2006 pour cette réalisation.

La place Bargemon, à côté de la Mairie
La place Bargemon, à côté de la Mairie
Photo : Jonathan Tourtois

Depuis la place, vous aurez une vue splendide sur le quai Rive Neuve, de l’autre côté du plan d’eau, et Notre-Dame de la Garde qui veille au loin. De l’autre côté, l’Hôtel Dieu, récemment transformé en hôtel 5 étoiles, impose sa silhouette majestueuse dans la nuit. C’est sûrement une des plus belles mises en scène nocturne de Marseille.

Après avoir découvert la place Bargemon et sa sœur la place Jules Verne, vous pouvez continuer à longer le quai du Vieux-Port, jusqu'à l'ombrière. C'est ici que se termine notre promenade !

Le Vieux-Port

Lieu de convergence et de rendez-vous pour les Marseillais, le Vieux-Port a été considérablement transformé2 à l’occasion de Marseille Capitale européenne de la Culture 2013. Les voies de circulation ont été réduites et les quais rendus aux piétons. Le sol a été complètement minéralisé, afin de rendre à ce lieu emblématique sa fonction d’abord, tout en rappelant les falaises des calanques.

Dans ce nouvel aménagement, l’éclairage a aussi été repensé par Yann Kersalé, associé dans l’équipe de maîtrise d’œuvre aux côtés de Michel Desvigne et de l’agence marseillaise Tangram. Il résume sa démarche ainsi :

Pour le Vieux-Port de Marseille, mon projet était de travailler dans un minimalisme poussé à son extrême, une légèreté des objets, un confort visuel et établir un dialogue privilégié avec la mer. Mon projet pour le Vieux-Port raconte l’histoire du dialogue privilégié de Marseille avec la mer.

Le fond de scène du Vieux-Port
Le fond de scène du Vieux-Port, par Yann Kersalé
Photo : Jonathan Tourtois

L’objectif du plasticien a été de réduire à son plus strict minimum les installations de luminaires. Les appareillages sont regroupés en hélice autour d’un mât très effilé, culminant à 16,5 m, et reprenant la silhouette des mâts des bateaux. Sur le quai de la Fraternité, huit d’entre eux s’élancent à 23,5 m de haut. Ils marquent le fond de scène du Vieux-Port retrouvé, au croisement des grands axes que sont la Canebière, la rue de la République et le Cours Ballard. Ils sont recouverts d’une écorce lumineuse : il s’agit d’un écran de LED qui diffuse une animation imaginée par Yann Kersalé, qui vibre au rythme de la Méditerranée, que l’artiste qualifie de « mer verticale ».
C’est quasiment le même dispositif qui a été mis en place pour la réhabilitation de la place de la République, à Paris.

Les quais du Port et de Rive-Neuve sont équipés des mêmes mâts, mais de moindre hauteur ; ils sont alignés sur une seule rangée. La disposition des projecteurs Olivio en hélice permet une diffusion omnidirectionnelle de la lumière. À noter que certains mâts supportent des caméras, dont les coques sont de la même couleur de que le reste du mobilier urbain : l’insertion d’éléments de vidéo-surveillance reste cohérente dans le design du luminaire. Les deux différentes hauteurs de mâts permettent d’inonder de lumière les quais uniformément, sans multiplier les points d’implantation.

L’étude n’a pas porté que sur l’éclairage des quais rendus aux piétons. Les pontons, qui ont été refaits à l’occasion des travaux, bénéficient d’un éclairage sur deux teintes. D’une part, les pannes sont mises en valeur par l’installation de luminaires rasants blancs, balisant les cheminements. Quant aux bateaux eux-mêmes, ils sont plongés dans une lumière bleutée captée par les mâts.

Ici encore, c’est l’entreprise LEC qui a installé l’ensemble des dispositifs. L’entreprise a également été en charge de la réalisation de l’éclairage du Fort Saint-Jean et du MuCEM.

La Canebière

Une des opérations majeures de l’agence MA Studio à Marseille, menée par le designer Marc Aurel, c’est incontestablement le chantier gigantesque de la requalification du centre-ville, dans le cadre du projet urbain Euroméditerranée.

La zone d’intervention pour l’agence de design est énorme. Elle couvre toutes les artères majeures dans le périmètre de l’opération d’aménagement : boulevard de Dunkerque, rue de la République, avenue Colbert, place Sadi Carnot, cours Belsunce… et l’inévitable Canebière bien sûr.

L’idée maîtresse de la composition globale est de définir une identité visuelle à chacune de ces avenues, tout en déclinant une nouvelle gamme de mobilier urbain unique. Seule entorse à la règle : sur la Canebière, l’agence décide de conserver les candélabres du XIXème siècle, « faisant partie intégrante du patrimoine marseillais« . Pour le reste, les designers s’attacheront à la conception d’une nouvelle ligne de luminaires baptisée « Cristella ». Marc Aurel en résume la conception :

De par sa vasque en verre prismatique, le Cristella participe pleinement à la création d’ambiances lumineuses au sein de la ville tout en assurant d’excellentes performances photométriques. La nuit, son rendu des couleurs est exceptionnel. Le jour, sa surface de cristal reflète les rayons du soleil dans de multiples directions. Il embellit ainsi la ville de jour comme de nuit.

L’intervention la plus spectaculaire est sûrement celle que l’agence a réalisé pour la rue de la République. En plus des nouveaux luminaires, répartis le long des trottoirs, de puissants projecteurs bleu on été installés sous les corniches des immeubles haussmanniens. La rue baigne dans un bleu apaisant, une façon de rendre à la nuit sa place dans le rythme de la ville. Les modénatures des porches des immeubles ont été relevés par un projecteur blanc, qui redonne aux portes cochères toute leur majesté.

La mise en lumière de la place Sadi Carnot, qui ponctue la longue rue de la République, a permis à l’agence de décrocher le Trophée des lumières pérennes en 2008. Le principe d’éclairage est simple mais astucieux : les façades principales des bâtiments qui bordent la place sont largement éclairées en blanc, avec un excellent rendu de couleurs, tandis que les toitures sont plongées dans un bleu gris noble.

Si vous voulez poursuivre la balade, vous pouvez revenir sur vos pas et remonter toute la rue de la République, jusqu'à la place de la Joliette. Puis, longez le boulevard de la Méditerranée, vous passerez au pied de la cathédrale de la Major, dont les aménagements extérieurs sont en cours de finition. Continuez encore et vous retrouverez le MuCEM. La boucle est bouclée !
  1. Si vous ne connaissez pas l’Equerre d’Argent, c’est un prix français remis chaque année à un architecte pour une œuvre qu’il a réalisée dans l’année. C’est un peu l’équivalent du Prix Goncourt pour la littérature
  2. Vous pouvez aussi consulter le site internet dédié à cette opération urbaine
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http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/petite-balade-nocturne-autour-du-vieux-port/feed/ 1 43.2944641 5.3645148606
Le Vieux-Port est reparti pour 100 ans ! http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/le-vieux-port-est-reparti-pour-100-ans/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/le-vieux-port-est-reparti-pour-100-ans/#respond Tue, 05 Jul 2016 12:54:44 +0000 http://petites-balades-urbaines.com/?p=773 La phase 2 de la réhabilitation du Vieux-Port a été inaugurée en grandes pompes début juin 2016. Les larges zones piétonnes ont enfin repris leur droit face au tout-voiture qui caractérise Marseille. Bien sûr, pas de surprises : on est bien dans la continuité de ce qui a été fait pendant la phase 1, sur le quai de la Fraternité. C’est l’occasion pour moi de vous parler de ce projet qui me tient beaucoup à cœur.

On dit que quand un touriste vient pour la première fois à Marseille, la première chose qu’il veut voir, c’est le Vieux-Port. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avant les grands travaux entrepris en 2012, le lieu était bien loin d’être accueillant ! Le quai de la Fraternité, ex-quai des Belges, comportait pas moins de trois voies de circulation dans chaque sens. Oui, oui, en tout : 6 voies !!! Tout ça était séparé par un énorme terre-plein engazonné, inaccessible aux piétons, vaguement planté de fleurs… ça tenait plutôt de l’anecdote. Le piéton, le promeneur, était prié de rester cantonné sur les trottoirs rétrécis par les terrasses des restaurants, ou bien d’aller sur le quai en lui-même. Et si par malheur il lui venait l’idée de flâner au-delà du quai des Belges, on avait la délicatesse de le priver de voir la mer, les plaisanciers s’étant parqués derrière de vilaines barrières blanches…

Mais ouf, les choses ont bien changé. L’idée n’est pas nouvelle, on parle déjà de requalifier le Vieux-Port dès le début des années 2000. Et en 2012, alors que Marseille s’apprête à devenir Capitale européenne de la Culture, la municipalité décidé de lancer une consultation internationale pour réhabiliter toute la zone. Les équipes d’architectes et de paysagistes sont invitées à plancher sur un espace urbain gigantesque, depuis le fort Saint-Jean jusqu’au fort Saint-Nicolas.

C’est le projet de Michel Desvigne, paysagiste, qui sera retenu. Pour l’occasion, il s’associe à l’architecte anglais Norman Foster et aux architectes marseillais de Tangram. Leur proposition est radicale : piétonniser le Vieux-Port en réduisant au strict minimum l’importance de la voiture. Tel était déjà le souhait de la mairie.

Les intentions de la mairie

La mairie avait incité à ce changement radical. À long terme, la ville veut faire reculer les nœuds de circulation au-delà du centre-ville, sur une couronne composée des boulevards marseillais. L’opération devait permettre de réduire la circulation automobile et pour cela, le quai de la Mairie et le quai Rive Neuve sont tout simplement fermés dans le sens Canebière-Forts. Seuls les bus sont autorisés à circuler dans ce sens. Le bas de la Canebière, depuis la rue Paradis, est d’ailleurs également fermé à la circulation depuis la première phase de travaux. Les Marseillais ont dû s’y faire : cette mesure radicale, du moins dans les esprits, marquerait la fin d’une époque ! Même si, aujourd’hui en 2016, on est loin du résultat escompté. Du moins, visuellement : non, l’opération de réhabilitation du Vieux-Port n’a pas débordé sur ce premier segment de la Canebière. Dommage. L’idée était de rendre ce tronçon aux Marseillais mais dans les faits, c’est flagrant : personne ne sait que cette zone est réservée aux bus. Peut-être que le comportement acharné de quelques irréductibles automobilistes y est aussi pour quelque chose…

Leurs voies sont donc réduites à deux, une dans chaque sens. Les architectes prévoient également un couloir de bus en site propre. On ne pouvait pas faire plus radical. Et ça marche ! Les Marseillais imaginaient alors que le Vieux-Port serait définitivement congestionné, n’imaginant pas ce qui s’est passé réellement : ils ont tout simplement changer leur parcours, ils ne passent plus par ici pour leurs trajets quotidiens.

Enfin, la mairie a autorisé les architectes à supprimer le stationnement en surface. Là aussi, grande révolution dans la tête des Marseillais ! À tel point que deux ans après, les commerçants du Vieux-Port continuent à grogner contre cette décision qui, selon eux, pénaliseraient une partie de leur clientèle…

Libérer l’espace

Sous l’impulsion de la mairie donc, le projet tend à supprimer ou, du moins, à réduire drastiquement le nombre de voitures sur les quais. Et, non content d’avoir éliminé les trois quarts de la circulation automobile, le paysagiste propose également de déplacer l’intégralité des équipements nautiques sur le plan d’eau. L’objectif est de libérer les quais et les rendre aux promeneurs, eux qui étaient privatisés par des barrières blanches en bois.

Les cabanons pour les clubs nautiques
Les nouveaux cabanons pour les clubs nautiques, dessinés par Norman Foster. Photo : Jonathan Tourtois

Pour cela, la proposition prévoit la réalisation de nouveaux pontons en platelage bois fermés par des barrières en lattes bois. Les clubs nautiques sont regroupés dans des pavillons en bois, eux aussi, sortes de petits cubes qui ponctuent les quais. Ils sont protégés derrière des grandes portes en bois à claire-voie, pour laisser malgré tout le regard filer vers le cœur du plan d’eau.

Disons-le, c’est une vraie réussite. On a enfin l’impression de respirer ! Et il faut le reconnaître : même si l’architecture de ces éléments n’a rien de spectaculaire, les travaux ont été parfaitement exécutés et le résultat est pleinement satisfaisant.

L’opération a permis de gagner 75% d’espace rendus aux piétons. On imagine mal aujourd’hui comment il pouvait en être autrement…

Traitement du sol

Concernant le traitement du sol, l’effet est plus subtile. L’architecte et le paysagiste ont proposé un revêtement en pavés de granit, matériau noble et très courant pour l’aménagement des ports, tant pour les voies de circulation que pour les espaces piétons. Des bandes en pierre permettent, en accompagnement de potelets métalliques, de délimiter les usages. Les espaces ne sont différenciés que par la taille des pierres mises en œuvre.

Pas de végétalisation non plus. Le vieux terre-plein central à disparu, et avec lui sa pelouse et des fleurs. Soyons honnête, personne ne le regrette… Mais aujourd’hui, tout est minéralisé. Seul élément végétal, un figuier, sur le Quai du Port près de la mairie, et un autre près du Cours Ballard. Vus comme ça, on a même l’impression qu’ils s’ennuient. C’est d’ailleurs souvent un reproche que font les Marseillais : quelques arbres d’ornement n’auraient pas été de trop… histoire d’avoir un peu d’ombre quand il fait chaud !

Il faut aussi dire que la mairie a contraint les commerçants à jouer le jeu, en leur imposant la signature d’une charte. Elle y définit un ensemble de contraintes, tant sur l’occupation de l’espace publique que sur l’usage qu’ils en font. Par exemple, la mairie impose dorénavant un seul type de mobilier par terrasse, de même qu’un un seul jeu de couleur par terrasse. Le mobilier en plastique est interdit ! Les dispositifs doivent être entièrement amovibles pour restituer l’espace la nuit. La publicité est interdite, de même que les jardinières.

L’ombrière

Et justement, pour trouver de l’ombre sur le Vieux-Port, la seule solution, à part s’installer en terrasse, c’est de profiter de l’ombrière que Normal Foster a dessiné. Il s’agit d’une structure métallique chromée, posée sur 8 poteaux ronds de 6 mètres de haut, rangés en deux axes. La structure invisible porte des panneaux parfaitement jointifs de mousse rigide entre deux peaux en inox poli, en intégrant un chéneau invisible. La surface miroitante de 22 par 48 mètres, aiguisée comme une lame, réfléchit le paysage et la mer comme un immense plafond au-dessus des touristes intrigués. L’ouvrage est finement dessiné et très aérien, à tel point que c’est devenu une curiosité à voir. Même les Marseillais ne peuvent pas s’empêcher de regarder en l’air ! Effet garanti.

Notons que l’ensemble du mobilier urbain, potelets, bornes, arceaux pour vélos, corbeilles, bancs… a été confié à l’agence de l’architecte anglais, afin de garantir une continuité des aménagements et une cohérence d’ensemble.

Les mâts et l’écorce lumineuse

Les reflets de l'ombrière et les mâts d'éclairage

De nuit aussi, le Vieux-Port se visite, et pas seulement pour l’ambiance aux terrasses des pubs et des restaurants.

Bien sûr, l’éclairage public a été repensé lui aussi. L’artiste Yann Kersalé signe ici sa deuxième intervention à Marseille. Il propose de nouveaux mâts : de longues aiguilles très sobres, pointées vers le ciel. En fond du Vieux-Port, sur le quai de la Fraternité, les mâts sont plus hauts : l’artiste imagine ici un fond de scène pour le plan d’eau. Ces mâts de 16,50m sont équipés d’un dispositif qu’il appelle une « écorce lumineuse ». Cet appareillage fait varier son intensité lumineuse au rythme de la Méditerranée, métaphore abstraite des vagues au soleil couchant.

Les nouveaux pontons menant aux embarcations sont, eux, éclairés en bleu, par un dispositif à ras le sol. Vu des quais, le plan d’eau baigne dans une douce lumière bleutée, captée par les coques des bateaux blancs. L’ambiance feutrée est très réussie.

Et le glacis ?

La proposition de Michel Desvigne incluait l’idée de restaurer l’ancien glacis du fort Saint-Nicolas, autour du Bassin du Carénage. Le paysagiste imaginait de couvrir l’échangeur de la sortie du tunnel du carénage pour retrouver une liaison piétonne entre le fort et le Vieux-Port. C’était aussi un prétexte pour aménager un parking et un port à sec. Des commerces et des restaurants étaient prévus autour d’une calanque, sorte de Marina résiduelle du bassin un carénage. Une promenade en ponton devait desservir le tout, assurant la continuité avec les trottoirs du Vieux-Port.

Malheureusement, il semble que cette proposition n’aille pas plus loin. La Communauté urbaine a en effet déclaré que faute de budget suffisants, cette partie-là du projet architectural resterait dans ses cartons. Dommage : on aurait enfin fait disparaître cette pseudo-entrée d’autoroute.

La dernière phase

Maintenant que les deux premières phases sont réalisées, l’impatience est grande quant à la troisième et dernière phase. Mais quand les travaux vont-ils démarrer ?

Rien ne semble figé pour le moment. On parle d’un début d’installation de chantier en septembre 2017 pour des travaux effectifs en 2018. Espérons que ce soit le cas : il s’agit du dernier chaînon manquant entre le projet de Desvigne et les aménagements faits autour du fort Saint-Jean et du Mucem, qui sont eux aussi une formidable réussite. À quand une promenade continue depuis le J4 jusqu’au fort Saint-Nicolas ? Patience…

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http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/le-vieux-port-est-reparti-pour-100-ans/feed/ 0 773
Le Rond-Point du Prado se métamorphose http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/le-rond-point-du-prado-se-metamorphose/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/le-rond-point-du-prado-se-metamorphose/#comments Fri, 24 Oct 2014 07:42:58 +0000 http://glumph.free.fr/?p=718 C’est La Provence qui l’affirme dans son article du 22 octobre 2014: le rond-point du Prado va se refaire une beauté ! Avec la création du tunnel Prado-Sud, la rénovation du boulevard Rabatau et celle très médiatisée du nouveau stade Vélodrome, ce rond-point fait aujourd’hui pâle figure. Maltraité lors de la création en tranchée ouverte du tunnel, ce carrefour emblématique de Marseille, là où le Prado change de direction à 90° pour rejoindre le David et les plages Gaston Deferre, va entrer à son tour dans une phase d’aménagement urbain, très attendue.

Selon la mairie, le chantier est imminent. L’objectif est d’offrir enfin un aménagement de l’espace public à la hauteur de l’importance de ce point nodal dans l’urbanisme sud de Marseille. Au programme: offrir des espaces piétons généreux, redonner une place importante aux modes de déplacement doux, et rester bien sûr, un « impératif circulatoire ».

Au menu, on parle d’ajouter une quatrième rangée d’arbres à cette promenade végétale très prisée des Marseillais. Les matériaux feront l’objet d’une attention toute particulière, avec l’utilisation de pavage en béton sablé, comme sur le boulevard Rabatau ; on promet également un mobilier urbain de qualité: colonnes lumineuses, banquettes en bois… Quant au centre du Rond-Point, l’ancienne traversée directe de la place Castelane vers le boulevard Michelet appartient définitivement au passé: la mairie de secteur envisage plutôt l’installation d’une fontaine ou d’une œuvre d’art. L’idée sous-jacente est de redonner une véritable identité visuelle à cette nouvelle place.

Le plan d'aménagement de surface
Le plan d’aménagement de surface

Le principe du projet d’aménagement urbain est de proposer une succession de cercles concentriques, chacun dédié à un usage propre: voiture, piéton, vélo. Le projet est signé par l’agence d’architecture marseillaise Tangram. Le chantier devrait être livré fin 2015.

À noter aussi, au passage, que le chantier du centre commercial Prado prévu entre la station de métro et le nouveau parvis du stade Vélodrome devrait démarrer très prochainement.

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La nouvelle place Henri Verneuil http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/la-nouvelle-place-henri-verneuil/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxieme-siecle/la-nouvelle-place-henri-verneuil/#respond Thu, 13 Mar 2014 06:41:42 +0000 http://glumph.free.fr/?p=660 Le projet urbain Euroméditerranée, créé en 1995, a franchi une nouvelle étape avec la mise en chantier des « Quais d’Arenc ». En jonction de ce nouvel îlot essentiellement composé de trois tours de logements et de bureaux, une nouvelle place publique a été aménagée. Elle sert d’espace-tampon entre le bâtiment ancien des Docks, actuellement en cours de rénovation, et le nouveau quartier d’affaires de la Joliette. Initialement appelée place de la Méditerranée, elle a été officiellement baptisée place Henri Verneuil et a été inaugurée le 22 juin 2013.
La nouvelle place permet d’ouvrir une liaison transversale entre le boulevard de Dunkerque, le long duquel file le tramway, et le boulevard du Littoral qui longe le Port autonome de Marseille. Elle s’ouvre également à l’Ouest vers le Silo, la nouvelle salle de spectacle de 2.000 places imaginée par Roland Carta et inaugurée en 2012, et à l’Est sur le tout nouveau théâtre de la Minoterie. À terme, le futur Euromed Center bordera la limite Nord de la place. Par sa situation, au Nord des Docks, elle répond symétriquement à la place historique de la Joliette au Sud. Elle devient donc tout naturellement un lieu polarisant dans le nouveau tissu urbain s’étendant de la Joliette jusqu’à la tour CMA-CGM.

Plan de la place Henri Verneuil
Plan de la place Henri Verneuil

Un lourd traitement minéral

La nouvelle place se déroule sur près de 8.000 m². Sa conception est due à Yves Lion, architecte mandataire, également en charge de la composition urbaine d’Euroméditerranée, et François Kern.

Pour résoudre le problème de la différence d’altimétrie entre le boulevard de Dunkerque et le boulevard du Littoral, elle s’organise sur deux niveaux. Le niveau haut est conçu comme un belvédère minéral, offrant une nouvelle vue sur le port. Des arbres d’agrément sont placés selon une trame régulière dans des pots cubiques en acier Corten. Au niveau bas, 24 platanes sont plantés à même le sol et s’inscrivent dans l’alignement de la façade maritime des Docks. Les deux niveaux sont reliés entre eux par un escalier en trois volées et par un ascenseur.

La place dans son ensemble est caractérisée par sa très forte minéralité. Le sol est traité de manière uniforme : seuls les arbres et les candélabres, simplement équipés de deux appareillages, structurent l’espace. La liaison piétonne entre les deux boulevards est simplement soulignée au sol par l’utilisation de deux teintes légèrement différentes. Le calepinage des éléments en béton désactivé intègre les réservations pour les arbres plantées selon un rythme régulier. L’escalier monumental, en pierre calcaire, souligne le soutènement réalisé entre les deux niveaux de la place.

Composition architecturale

La conception de la place est surtout marquée par son minimalisme. Rien ne vient perturber la lecture globale de l’espace ; aucun obstacle ne gêne la vue vers le Silo, le port et la passerelle de l’autoroute A55. Les teintes utilisées sont uniformes et sobres ; le mobilier urbain est discret et élégant.

Vue d'ensemble de la place
Vue d’ensemble de la place

Sous le niveau haut se loge le théâtre de la Minoterie. Sa façade en L est marquée par le lourd linteau qui pèse sur un soubassement totalement vitré. L’absence de points porteurs en façade accentue cet effet de masse. Toutes les menuiseries, portes ou grilles d’aération sont réalisées uniformément en acier laqué. Le linteau est même surélevé, formant ainsi le garde-corps de la place haute : il est réalisé en panneaux de béton blanc avec agrégats de marbre. Les joints creux des éléments sont chanfreinés, et rythment ainsi le linéaire de la façade. Ce calepinage soigneux assure à l’ensemble architectural une cohérence harmonieuse.

L'Infini, de Toros
L’Infini, de Toros

La surface de la place dissimule en sous-sol un vaste bassin de rétention d’une contenance de 3.000 m². Ce dernier préviendra les risques d’inondations d’une partie du quartier, accrus par la forte imperméabilisation des sols.

La place est dédiée à Henri Verneuil, le fameux réalisateur d’Un singe en hiver ou de Peur sur la ville, personnage d’origine arménienne ayant grandi à Marseille. Pour symboliser le lien entre la France et les Arméniens, une statue a été installée sur la partie haute de la place. Baptisée L’infini, elle est l’œuvre du sculpteur Toros, qui en a fait don à la Ville de Marseille pour l’inauguration de la place. La sculpture représente un ruban en laiton rouge s’enroulant sur lui-même, d’une largeur de 80 cm pour une longueur de 167 cm. C’est à Toros que l’on doit également le monument en hommage aux victimes du génocide arménien, dans la cathédrale apostolique arménienne sur l’avenue du Prado.

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