Les grands projets du XXème siècle – Petites balades urbaines http://www.petites-balades-urbaines.com Venez découvrir Marseille et son histoire ! Wed, 28 Mar 2018 16:00:25 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.26 https://i2.wp.com/www.petites-balades-urbaines.com/blog/wp-content/uploads/2017/10/cropped-Petites-balades-urbaines.png?fit=32%2C32 Les grands projets du XXème siècle – Petites balades urbaines http://www.petites-balades-urbaines.com 32 32 137275093 50 ans de fouilles archéologiques au Centre Bourse http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/50-ans-de-fouilles-archeologiques-au-centre-bourse/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/50-ans-de-fouilles-archeologiques-au-centre-bourse/#respond Fri, 01 Dec 2017 08:58:08 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=1195 Je veux revenir avec vous sur une expo de photographies que j’ai eu la chance de parcourir récemment.

Cette exposition est organisée par le Musée d’Histoire de Marseille, sur les grilles le long de la rue Henri Barbusse, et jusque sur les murs de la passerelle qui surplombe le Port Antique (et qui mène au musée, évidemment, la vie est bien faite !)

C’est une expo qui retrace en image donc, toute l’histoire de ce quartier, depuis la démolition des vieilles maison à la fin du XIXème siècle (rappelez-vous le percement de la rue de la République et de la rue Colbert dont je vous avais déjà parlé il y a un moment), jusqu’à nos jours. C’est vachement bien foutu : on voit des photos de l’époque (certaines ont plus de 100 ans !) et le lieu choisi pour l’expo permet de bien se rendre compte de « comment c’était avant ».

C’est pour fêter les 50 ans des fouilles archéologiques que cette expo a été organisée. L’occasion pour se replonger dans le travail des archéologues qui a permis de découvrir ce site majeur de l’histoire de Marseille : le Port Antique.

L’exposition court jusqu’en 2018 mais je n’ai pas la date précise de fin. Alors profitez de vos courses de Noël au Centre Bourse pour aller y jeter un œil, c’est en extérieur, c’est gratuit et je vous promets que c’est pas chiant.

Et pour tout vous dire, ça m’a tellement plu que j’en ai fait mon premier VLOG !

Enjoy 🙂

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Petite balade en vélo le long de l’Huveaune http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/petite-balade-en-velo-le-long-de-lhuveaune/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/petite-balade-en-velo-le-long-de-lhuveaune/#respond Mon, 15 Aug 2016 07:00:57 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=870 Aujourd’hui, nous vous proposons une petite balade… un peu longue. Mais puisque nous allons parler d’équipements sportifs, munissez-vous d’un vélo et de votre maillot de bain : on vous emmène à la plage !

Cette balade va vous emmener depuis le Palais des Sports de Marseille jusqu’aux plages du Prado, en longeant l’Huveaune. Mis à part un tout petit tronçon le long du boulevard Michelet, toute la balade se fera sur un sentier protégé, bien à l’abri des voitures. Vous pourrez prendre vos enfants avec vous, tout le parcours est plat, sans aucune difficulté. C’est parti pour une balade de 6 km !

Allez à la station Sainte-Marguerite Dromel, sur la ligne 2 du métro. D'ici vous pourrez louer un vélo en libre-service à la station toute proche. Prêts ?

Nous sommes ici au cœur de la plaine sportive qui concentre ici de nombreux équipements sportifs municipaux : l’immanquable stade Vélodrome bien sûr, le plus discret stade Delort, le Palais des Sports, mais aussi le nouveau Palais de la Glisse, plus au Nord.

Le Palais des Sports

L'entrée du Palais des Sports
L’entrée du Palais des Sports
Photo : Jonathan Tourtois

Cette structure métallique jaune, franchement connotée années 80, marque justement l’entrée du Palais des Sports de Marseille. Conçu par l’architecte Jean-Jacques Letellier, il a été inauguré en 1988, presque 50 ans après les premières décisions municipales qui préparaient sa construction. Selon les configurations, il peut accueillir de 4.200 à 7.200 spectateurs. De nombreuses manifestations se déroulent ici, notamment l’Open 13 de tennis, une grande compétition internationale qui se déroule chaque année en février, où se retrouvent les têtes d’affiche du moment. Le bâtiment est adapté pour accueillir tous types de manifestations sportives : moto cross, tennis, boxe, gymnastique, handball, judo, danse, pétanque bien sûr… mais on y organise aussi des salons événementiels.

Le palais a été hôte du club de handball de l’OM Vitrolles, qui a disparu en 1996. Depuis cette date, le palais n’a pas de club résident.

La mairie envisagerait de redonner un coup de jeune au Palais des Sports. Il faut dire qu’avec le nouveau stade Vélodrome tout proche, les lieux paraissent désuets. Les services offerts aux spectateurs sont très limités, même pas de parking. On a envisagé la transformation du lieu en véritable Arena de 15.000 places. Mais pour le moment, aucun appel d’offres n’a été publié à ce sujet.

Avancez-vous sur le parvis du stade, derrière la géode métallique… Un petit stade se cache sous le viaduc du métro.

Le stade Pierre Delort

La tribune Sud du stade Delort
La tribune Sud du stade Delort
Photo : Jonathan Tourtois

Qui l’eût cru ! Voilà un stade marseillais privé de football ! En effet, les dimensions du terrain, 105 x 63 m, ne sont pas aux normes de la Fédération Française de Football, à… 5 mètres près ! Les matches de haut niveau ne peuvent donc pas se dérouler ici. Mais le grand frère, le Stade Vélodrome, n’est pas loin…

Restructuré en 2015 en même temps que son grand frère, le stade accueille néanmoins de nombreuses compétitions sportives. Les tribunes peuvent recevoir 5.000 spectateurs, et jusqu’à 15.000 selon les besoins. Les matches de rugby de niveau Pro D2 peuvent s’y dérouler. L’objectif de la mairie est même d’y installer un club de rugby résident.

Une piste d’athlétisme entoure le carré de pelouse naturelle. Il s’agit d’ailleurs du seul stade de Marseille où on peut accueillir des compétitions d’athlétisme d’envergure nationale et internationale.

Pour l’anecdote, notez que le stade Delort couvre une grande partie de la plus grande station d’épuration au monde.

Prenons maintenant vers le Nord, de l'autre côté du parvis, sur l'allée Ray Grassi, du nom d'un ancien boxeur marseillais. Vous longez le virage Nord du stade Vélodrome, connu pour sa réputation sulfureuse…

Le Stade Orange-Vélodrome

Inutile de présenter le Stade Vélodrome ! Cette enceinte colossale peut abriter jusqu’à 67.000 spectateurs les grands soirs, ce qui en fait le deuxième stade en termes de capacité d’accueil, derrière le Stade de France à Saint-Denis.

La nouvelle couverture du stade Vélodrome
La nouvelle couverture du stade Vélodrome
Photo : Jonathan Tourtois

Il a été récemment agrandi pour accueillir les matches de la compétition de l’Euro 2016.

Tous les aménagements autour du stade, dont certains sont encore en cours, ont été décidés conjointement aux travaux de transformation du stade. Les bâtiments de logements sur votre droite vous séparent du Parc Chanot.

Si vous voulez découvrir toute l’histoire du mythique stade Vélodrome, nous vous invitons à parcourir cet article détaillé !

Continuez sur l'allée Ray Grassi jusqu'au boulevard Michelet, en passant devant la Tour France 3 de 65 m de haut. Tournez à gauche pour arriver devant l'escalier du parvis du stade, en contournant le chantier du futur centre commercial du Prado.

Nous voici devant l’escalier monumental qui a été construit dans le cadre de la dernière campagne de travaux d’agrandissement du Vélodrome. À droite, vous verrez la boutique officielle de l’OM qui s’étale sur 1.000 m², et qui a rouvert le 9 janvier 2016.

Le club a aussi pour projet d’ouvrir un musée dédié à son histoire, au-dessus de la boutique. Une surface de 800 m² lui est d’ailleurs destiné dans l’enceinte du stade. C’est l’ancien footballeur marseillais Basile Boli, aujourd’hui ambassadeur du club, qui est en charge du projet. Trophées, anciens maillots, vidéos et archives de journaux : la glorieuse histoire de l’OM sera bientôt fièrement exposée ! Son ouverture est prévue l’année prochaine.

La mairie envisage de créer un « boulevard des Olympiens », sur le boulevard Michelet. Ce « hall of fame » dédié aux joueurs du club légendaire pourrait prendre place sur les trottoirs du boulevard, un peu à la manière d’Hollywood. Mais ce projet ne semble plus d’actualité aujourd’hui.

Longez le boulevard Michelet sur le trottoir d'en face et tournez à droite dans l'impasse, juste avant le pont qui enjambe l'Huveaune.

Le sentier de l’Huveaune

L’Huveaune est un petit fleuve côtier qui prend sa source dans le massif de la Sainte-Baume, près de la commune de Saint-Zacharie, et qui se jette dans la mer à Marseille.

Si vous vous attendez à un charmant ruisseau, vous risquez d’être déçu. En effet cette partie-là est souvent à sec, et la végétation sauvage laisse dubitatif. Rassurez-vous, plus loin dans la promenade, l’Huveaune reprend une forme plus romantique et la balade aménagée sera d’autant plus agréable !

En longeant l’Huveaune, vous contournerez le complexe sportif municipal René Magnac. Il s’agit du plus grand ensemble de Marseille : 17 courts de tennis éclairés dont 4 couverts, une piscine avec un bassin de 25 mètres sur 6 couloirs d’eau, une salle de fitness et une salle dédiée à la découverte des sports pour les enfants de 6 à 14 ans. Aucun intérêt architectural ou paysager, mais si vous voulez faire une pause pendant votre balade, sachez qu’un restaurant-snack vous accueille ici tous les jours, toute la journée.

Continuez sur le sentier au fond de l'impasse, puis traversez l'avenue de Mazargues. Toujours en longeant l'Huveaune, un peu plus loin sur votre droite s'ouvre le parc Henri Fabre.

L’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille

Voici un petit havre de paix au cœur d’une grande zone résidentielle très dense, le quartier Saint-Giniez. Peu connu, c’est un vaste espace constitué de grandes étendues de pelouse et de bosquets naturels. La plupart des gens qu’on croise ici sont des riverains des résidences aux alentours.

Située dans le parc Henri Fabre se dresse depuis 1992 l’École Nationale Supérieure de Danse de Marseille. Le bâtiment est signé Roland Simounet, architecte français à qui on doit aussi l’école d’architecture de Grenoble et le musée d’art moderne de Villeneuve-d’Ascq. Le bâtiment abrite aussi le ­­­­Ballet National de Marseille.

L'École Nationale Supérieure de Danse de Marseille
L’École Nationale Supérieure de Danse de Marseillle
Photo : Jonathan Tourtois

Il offre une surface utile de plus de 5.000 m² dédiés à la danse, avec 7 studios parquetés de 144 m² chacun. Pour le ballet national, un studio de répétitions de 220 m² d’un côté et un grand studio de 380 m² de l’autre peuvent être fusionnés en un vaste espace qui, avec le gradin rétractable de 300 place, transforme le tout en une vraie salle de spectacle.

L’architecte a utilisé un vocabulaire simple pour définir l’enveloppe de son bâtiment, avec un soin tout particulier à la promenade et à la lumière, comme il l’explique :

Le parcours vivant, actif, faisant alterner passages abrités et espaces lumineux, mène au cœur de l’édifice. Volumes apaisants des studios de l’École, d’une géométrie simple, baignés d’un jour diffus. Vastes nefs des grands studios, clos de hauts murs et rayonnants de lumière. Au dehors, dans un grand travelling, réapparaît l’édifice, solaire, déployant ses volumes fortement structurés, équilibré par le mur de scène érigé, en forme de signal. Mouvement, rythme,harmonie, formes, justes réponses pour ce lieu voué à la Danse.

De l’autre côté de l’école de danse, impossible de ne pas mentionner les terrains de pétanque qui y sont aménagés. Très prisés des riverains, toujours nombreux toute l’année, les terrains servent aussi occasionnellement aux compétitions officielles, comme le Mondial La Marseillaise.

Ressortez du parc par là où vous êtes entrés, puis continuez le long de l'Huveaune jusqu'à l'entrée du Parc Borély, sur votre gauche. On vous avait bien dit que le fleuve deviendrait plus charmant !

Le Parc Borély et son lac

Le parc Borély est un des jardins marseillais les plus fréquentés. Il doit son nom à la bastide du XVIIIème siècle qui se dresse là, qui accueille aujourd’hui le Musée des Arts Décoratifs et de la Mode. Le parc en lui-même, couvrant une surface de 17 ha, est un exemple typique de jardin « à la française », très symétrique avec ses bassins d’eau et ses parterre de fleurs, et un parc paysager du XIXème siècle.

Le parc est très prisé des joggeurs, qui apprécient particulièrement ici l’ombre des arbres et l’absence de voitures. Il y a d’ailleurs, à l’entrée principale du parc sur la gauche, une zone en plein air pour l’entretien musculaire.

Il faudrait toute une après-midi pour découvrir dans le détail chaque recoin du parc et de la bastide. Mais puisqu’il s’agit d’une balade sur le thème des équipements sportifs, nous vous invitons à rejoindre le lac au centre de la petite forêt, où vos enfants pourront faire du pédalo entre les cygnes et les canards. Les embarcations existent depuis la création du parc ! Même Marcel Pagnol, quand il était enfant, venait se détendre ici. L’embarcadère lui-même est magnifique, tout en bois et abrité du soleil.

L’hippodrome Borély et le golf

Bien sûr quand on rentre dans le parc Borély, on ne peut pas manquer l’hippodrome qui le sépare des plages.

L'hippodrome Borély
L’hippodrome et le golf Borély
Photo : Jonathan Tourtois

Cet hippodrome date de 1860, à l’époque où les Marseillais découvrent le rivage de la corniche et où s’installent les nombreuses bastides qui font la renommée des quartiers Sud. La première course s’y déroule le 4 novembre 1860, à l’époque où le terrain faisait encore partie intégrante du parc Borély.

Le 5 juillet 1903, l’hippodrome délaisse sa vocation initiale pour quelques jours. En effet, Marseille est ville-étape du tout premier Tour de France. Mais pour des raisons de sécurité, les rues de Marseille étant couvertes de pavés et de rails, les organisateurs décident que l’arrivée et le départ se tiendront dans le quartier de Saint-Antoine, à 13 km au Nord du centre-ville. Pour ne pas gâcher la fête, les coureurs défileront tout de même à Marseille-même, et plus précisément dans l’anneau de l’hippodrome Borély, acclamés par 5.000 spectateurs.

Une grande campagne de modernisation de l’hippodrome se déroule en 1999 sous la direction de l’agence de l’architecte Alain Amédéo, devenue depuis l’agence Tangram. Tous les aménagements du public ont été transformés et reconstruits. L’hippodrome peut aujourd’hui accueillir 4.000 personnes, dont 1.200 personnes dans les tribunes couvertes.

Aujourd’hui encore, il s’y déroule entre une et deux courses par semaine. Mais il existe aussi à Marseille un autre hippodrome, dans le quartier Pont-de-Vivaux, dont les aménagements plus récents en font un endroit plus adapté à l’organisation de courses hippiques. Néanmoins, seul l’hippodrome Borély organise des courses d’obstacles.

Lorsqu’il n’y a pas de courses hippiques, le centre de l’hippodrome est transformé en practice de golf. Le site est remarquable, avec vue sur la mer, le parc Borély, et le massif de Marseilleveyre au loin. Il s’agit d’un parcours urbain, compact et très technique, qui s’étend sur 7,5 hectares. Il offre un parcours de 9 trous sur 1.185 mètres.

Plusieurs manières de sortir du parc Borély. L'une, en longeant encore l'Huveaune, où vous passerez le long d'un parcours de kayak. L'autre, en passant entre la bastide et l'hippodrome, vous rapproche de l'escale Borély. 

Les plages du Prado

Finissons notre balade en longeant un petit bout des plages du Prado, qui s’étendent sur 3,5 kilomètres en face des îles du Frioul. Vous voici à l’escale Borély, un lieu où se concentrent de nombreux restaurants et cafés.

Le parc balnéaire du Prado s’étend sur 26 hectares, et offre de nombreux aménagements pour les sportifs. Beach volley, bowl de skating, rochers d’escalade pour les plus jeunes… En plus des plages, il offre 5 hectares de pelouse et d’espaces boisés.

Le bout de la plage, vers le sud, est réservé pour les sports nautiques. Au Nord de la plage se tient l’école de voile de Marseille. On imagine que c’est ici que se tiendraient les épreuves de voile si Paris était retenue pour organiser les jeux olympiques de 2024.

Encore quelques dizaines de mètres vers le sud, jusqu'au skatepark du Prado. C'est ici que se termine notre balade. 

Le bowl des plages et l’aire de rochers d’escalade

En arrivant sur le skatepark, vous avez peut-être aperçu, quelques mètres avant, une petite aire de rochers d’escalade. Elle a été créée en novembre 2012, et comporte trois blocs de différents niveaux pour initier les enfants à partir de 8 ans. Plusieurs vois d’escalades sont aménagées, chacune matérialisée par une couleur de prises. La plus haute monte à 3 mètres. L’équipe en charge de la réalisation de ces blocs a cherché à obtenir une imitation la plus fidèle possible des calanques. Bien sûr, on est loin des falaises vertigineuses qui s’étendent de Marseille à Cassis, mais il faut reconnaître que le résultat est convaincant.

Quant au bowl, il a été inauguré le 13 juillet 1991, suivant une décision de la ville de Marseille de doter les plages d’équipements sportifs. Il a été conçu par Jean-Pierre Colinet, un architecte étudiant alors à Marseille et passionné de skateboard, qui était déjà à l’origine du bowl de Valmente. Aucun fabricant de skatepark n’étant capable de construire le projet de l’architecte, c’est une entreprise de paysagisme qui a répondu à l’appel d’offres.

Ce skatepark est très réputé en France et à l’international, avec sa piste de débutant, mais surtout son gros bowl en trèfle avec verticale, avec une partie plus flow avec spine plus une zone d’élan. L’idée est celle d’une coque de bateau, chaque coque représentant une vague sans fin. La plus grosse faisant 2,70 m de profondeur.

Pendant la quinzaine d’années qui a suivi son inauguration, le bowl a été la référence mondiale. Beaucoup de skateparks Américains et Australiens sont inspirés des bowls du Prado. Mais aujourd’hui, faute d’entretien, l’équipement est vétuste. La mairie envisagerait de le rénover en profondeur pour le printemps 2017.

 

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Retour sur l’histoire du Stade Vélodrome http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/retour-sur-lhistoire-du-stade-velodrome/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/retour-sur-lhistoire-du-stade-velodrome/#respond Sun, 07 Aug 2016 23:11:08 +0000 http://www.petites-balades-urbaines.com/?p=871 Le Stade Vélodrome est l’un des monuments les plus emblématiques de Marseille, et pas seulement pour les inconditionnels du ballon rond. Car lorsqu’en 2017, quand Marseille sera Capitale Européenne du Sport, l’enceinte fêtera déjà ses 80 ans ! Et l’histoire ne s’est pas commencée avec l’amour des Marseillais pour le football…

Avec les pratiques de plus en plus courante du sport, mais aussi la mode naissante de l’hygiénisme et le thermalisme, la municipalité de Siémon Flaissières décide en 1928 d’ériger une série d’équipements sportifs à Marseille et notamment un stade olympique. L’emplacement est décidé par le maire : il s’agira de la plaine se développant au Sud du Parc Chanot, le long de l’Huveaune. Il se dresse ici déjà un premier vélodrome, appelé Larchevèque, qui deviendra le stade Jean Bouin. Quelques propriétés autour seront rachetées par la mairie entre 1931 et 1932. L’implantation prend place sur les anciennes usines automobiles Turcat-Méry.

L’organisation de la Coupe du Monde de Football en 1938 va précipiter le lancement du projet, qui peinait à démarrer. Les premières installations sont inaugurées dès 1934. On dénombre des terrains de rugby, de basket-ball, une piste d’athlétisme, un gymnase, des courts de tennis, mais aussi déjà des terrains de football et même… un boulodrome. Mais le projet de Flaissières ne s’arrête pas là : il faut édifier un grand stade municipal, un vélodrome, et un véritable palais des sports.

En 1935, le successeur de Flaissières, Georges Ribot, pose la première pierre du futur édifice. Pour des raisons financières, la mairie est obligée de revoir ses ambitions à la baisse. C’est l’architecte parisien Henri Ploquin qui a été retenu pour la conception du stade vélodrome, répondant à un programme de 35.000 places assises dont 12.000 couvertes, ceinturant un terrain de foot aux normes internationales, une piste d’athlétisme de 450 m et divers équipements annexes, ainsi qu’une piste cycliste en ciment de 500 m de long sur 8 m de large. Les travaux, qui s’étalent sur 26 mois seulement, nécessitent le déplacement de 25.000 m³ de terre et la réalisation de pas moins de 240 pieux de 10 m de profondeur pour les fondations.

Après deux ans de travaux, le stade vélodrome est inauguré le 14 juin 1937 par le maire suivant, Henri Tasso. Mais le projet gigantesque de Flaissières ne sera pas réalisé intégralement. Faute de budget, le palais des sports ne sera pas construit. Les Marseillais devront attendre 1988 pour que l’actuel Palais des Sports ouvre enfin !

Une popularité croissante

velodrome-1950
Le stade Vélodrome dans les années 1950.
Photo prise depuis la tour France 3.

Le nouveau stade accueille de nombreuses manifestations. Plusieurs arrivées du Tour de France sont organisées devant le parvis du stade, comme ça a été encore le cas en 2013. C’est aussi le cas pour le Paris-Nice, le Tour du Sud-Est. En 1972, le stade reçoit les championnats du monde de cyclisme sur piste. La notoriété du vélodrome est immédiate.

L’athlétisme n’est pas en reste, même si la discipline est moins médiatisée. Mais c’est le rugby qui organise les premiers matches internationaux et nationaux, que ce soit pour le rugby à XV ou le Jeu à XIII, surtout pendant la quinzaine d’années qui suit la Seconde Guerre Mondiale. Les Marseillais assistent aussi à des courses de motos ou de Formule 1 sur piste. Plus anecdotiquement, on organise aussi au stade des matches de tennis, de handball ou de hockey sur gazon, de football américain. Le stade accueillera même, à la Libération, une compétition de base-ball avec les soldats américains.

Mais bien sûr, c’est le football qui va prendre progressivement l’ascendant sur les activités du stade. En 1932, le club de la ville, l’Olympique de Marseille, devient professionnel. Le stade de l’Huveaune, dont il est propriétaire, n’est plus suffisant pour accueillir les spectateurs. Aussi, les matches de l’OM sont organisés dans le Stade vélodrome dès son inauguration. La fête de l’inauguration du stade, le 13 juin 1937, se termine même par un match de l’OM devant près de 30.000 spectateurs.

Pourtant, les supporters de l’OM ont du mal à adopter le nouveau stade, accusant la mairie d’avoir voulu en faire un symbole international plus qu’un équipement municipal. Pour eux, le vrai stade de l’OM reste le stade Fernand Bouisson, que les Marseillais appellent stade de l’Huveaune. Situé dans le prolongement de l’hippodrome Borély, les supporters avaient financé eux-même la construction des tribunes 10 ans auparavant. Le stade en question a été démoli en 1998, lorsque le Vélodrome a été transformé pour accueillir la Coupe du Monde de Football. Il ne faut pas le confondre avec l’actuel Stade de l’Huveaune, justement près du Vélodrome.

Les premières transformations

La vie du stade vélodrome est marquée par la variété des manifestations sportives. Mais peu à peu, les tribunes grignotent sur la piste cycliste, le football prenant une part de plus en plus importante.

En 1970 sont enclenchées les premières évolutions notables du stade. Les vieux projecteurs des tribunes Ganay et Jean Bouin sont remplacés par quatre pylônes de 60 m de hauteur pour les événements nocturnes. L’année suivante, la réduction de la piste cyclable et la disparition de la piste cendrée d’athlétisme permettent d’augmenter d’environ 6.000 places assises la capacité totale du stade, offrant désormais 55.000 places, en comptant les places populaires qui sont debout. Plus tard, la création des loges abaissera le nombre de places à 42.000.

Lorsque Bernard Tapie prend la tête du club en 1985, il décide de moderniser le stade. Avec l’organisation du Championnat d’Europe de Football l’année précédente, la pelouse avait déjà été intégralement remplacée. La piste cycliste n’étant plus utilisée, les travaux la suppriment complètement. Les deux virages sont réaménagés et la capacité du stade est portée à 48.000 places.

Le stade enrhumeur

Puisque la France organise la Coupe du Monde en 1998, la ville décide de lancer un appel d’offres pour une véritable rénovation en profondeur du stade.

Stade-Vélodrome_pano_tribune_nord
La tribune Gustave Ganay, avant les transformations de 2014.

Sa capacité est portée à 60.000 places, ce qui en fait le deuxième stade en termes de capacité d’accueil, après le Stade de France. C’est l’organisation-même du stade et sa structure qui sont revus à cette occasion. Ainsi, seule une partie de la tribune Jean Bouin et les gradins hauts de la tribune Ganay sont conservés. La façade historique est également préservée. Au total, 20.000 m³ de béton sont coulés sur place, 32 km de gradins sont construits ainsi que 400 volées d’escaliers, 650 tonnes de charpente et 1.500 tonnes d’armatures.

Le chantier est colossal mais les Marseillais sont en colère. La conception-même du stade est décriée : absence de toit, aucune résonance acoustique, configuration des gradins très évasée… Le stade est même surnommé « l’Enrhumeur » par l’entraîneur Rolland Courbis. Si bien que dès 2003, plusieurs projets de reconfiguration sont envisagés.

Le nouveau stade « Elite »

En 2009, la France annonce sa candidature de la France à l’organisation du Championnat d’Europe de football 2016. La ville de Marseille, propriétaire du stade, ressort de ses cartons les projets de modernisation : pour accueillir les matches de la compétition, le cahier des charges de l’UEFA impose une rénovation majeure du stade. Si bien qu’en 2010, la mairie dévoile le projet du nouveau stade vélodrome, projet porté par l’agence d’architecture SCAU.

L’objectif du projet est d’obtenir le classement « stade cinq étoiles » de l’UEFA1. L’élément majeur de la rénovation est de couvrir enfin le stade, mais aussi de porter sa capacité d’accueil à plus de 67.000 places assises. Enfin, le cahier des charges impose aussi l’augmentation du nombre de places dites « à prestations », autrement dit les espaces VIP, l’aménagement de salons de réception et d’un « accueil VIP haut de gamme ». La décoration des salons VIP retrace l’histoire du club.

Le nouveau stade dans le paysage marseillais
Le nouveau stade dans le paysage marseillais

Aujourd’hui, la couverture du stade est sans contexte l’élément le plus marquant de cette transformation. Elle est portée par une structure métallique triangulée en acier galvanisé de 5.500 tonnes, soit l’équivalent de 80 % de la tour Eiffel. La membrane en fibre de verre, blanche et lisse, semble s’appuyer sur les quatre tribunes du stade et s’aplatit à leurs jonctions. Translucide, elle s’éclaire la nuit en révélant  la structure métallique en contre-jour. Un système de récupération des eaux de pluies permet d’alimenter en eau non potable tous les besoins du stade, en particulier l’arrosage de la pelouse.

Le parvis du stade a été rehaussé. Ceci permet d’aménager une voie de secours intérieure qui permet d’accéder à n’importe quelle zone du stade en un temps record. Le parvis dissimule aussi divers locaux techniques et des parkings, pour les visiteurs comme pour les joueurs. Ils permettent d’accueillir jusqu’à 48 bus.

Les quatre tribunes du stade ont été rénovées au cours de la dernière campagne de travaux. Elles portent chacune le nom d’une célébrité marseillaise. Particularité du stade Vélodrome, elles ne sont pas reliées entre elles : impossible de faire le tour du stade depuis le haut des tribunes.

Les quatre tribunes

La tribune Jean Bouin est la tribune principale du stade Vélodrome. Elle porte le nom d’un coureur de fond marseillais ayant remporté une médaille d’argent sur 5.000 m aux Jeux olympiques d’été de 1912. Jusque 2013, elle était la seule tribune couverte de l’enceinte. C’est celle qui se dresse contre le parvis du stade, côté Prado. D’une capacité d’un peu plus de 12.300 places, elle accueille la tribune présidentielle et les loges réservées à l’accueil des V.I.P.. C’est aussi ici que se dresse la tribune de presse, les caméras de télévision et les studios de diffusion, du côté sud. Les bancs des joueurs, qui sont en réalité des fauteuils, sont placés au centre de la tribune Jean Bouin. Ils sont implantés à un niveau plus bas que celui du terrain, qui est encerclé par une fosse.

Dans le bâtiment de la tribune en lui-même, on retrouve aussi les différents services administratifs du stade et le musée-boutique de l’Olympique de Marseille. Sous la tribune se trouvent aussi les vestiaires des joueurs et des arbitres et la salle de conférence.

Le virage Nord Patrice de Peretti, que les Marseillais surnomment aussi virage Depé, porte le nom d’un supporter emblématique de l’Olympique de Marseille, fondateur du groupe de supporters des MTP et décédé à l’âge de 28 ans. Le virage comporte environ 13.800 places.

En face, le virage Sud Chevalier-Roze, plus communément appelé virage Sud, comporte quasiment le même nombre de places que le virage Nord : 13.800 places. Ce virage porte le nom d’un noble qui s’est distingué pendant l’épisode de la peste en 1720, en organisant le ravitaillement de la cité et en lançant la construction d’un hôpital.

Enfin, face à la tribune Jean Bouin se dresse la tribune Gustave Ganay. Il s’agit de la plus grande tribune du stade, avec ses quelques 22.398 places. Elle culmine à 43 mètres, la toiture atteignant 61 mètres de hauteur. C’est elle qui reçoit les fauteuils en bleu et blanc qui forment les lettres « MARSEILLE », visibles sur la plupart des images du stade.

Les nouveaux aménagements autour du stade

Les travaux de transformation en 2014 ont été accompagnés d’une multitude de projets de densification des alentours. De nombreux logements ont été construits le long de la bordure nord du Vélodrome, ainsi que le long de l’Huveaune, au Sud. Ces opérations ont été réalisées par l’architecte Didier Rogeon, à qui l’on doit notamment la création de la bibliothèque de l’Alcazar. C’est lui aussi qui a construit en 2007 la station d’épuration qui se situe sous le parvis du stade, du côté du métro Sainte-Marguerite-Dromel, et sa géode de verre et d’acier de 13 m de diamètre. Il s’agit de la plus grande station d’épuration enterrée au monde !

Du côté du Rond-Point du Prado, c’est un centre commercial qui est actuellement en chantier, et dont l’inauguration est prévue pour 2017. C’est aussi Didier Rogeon qui a la charge de ce chantier, sous la direction de l’architecte Bonoy. Le bâtiment offrira 23.000 m² de surfaces commerciales réparties sur 5 étages, soit une cinquantaine de boutiques, reposant sur un parking de 800 places. On annonce aussi le déménagement des Galeries Lafayette, désertant leurs locaux de la rue Saint-Ferréol, ce qui laisse craindre aux détracteurs du projet une certain délaissement du centre-ville en faveur des nombreux centres commerciaux qui ouvrent à Marseille depuis quelques années…

  1. Ce classement a été remplacé en 2006 par la « catégorie 4 »
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La triste fin de l’atelier Nadar http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/la-triste-fin-de-latelier-nadar/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/la-triste-fin-de-latelier-nadar/#respond Thu, 30 Jun 2016 15:59:32 +0000 http://164.132.109.11:91/?p=762 Le 15 juin 2014, le toit d’un bâtiment s’effondre quelque part dans un cœur d’îlot de la Canebière. L’immeuble sur l’avenue n’a pas été touché ; en revanche, il ne reste plus rien derrière… Il s’agissait d’un bâtiment protégé au titre des Monuments Historiques, mais sa destruction n’a pas marqué les esprits. Et pourtant ! il s’agissait du plus vieil atelier de photographie de France connu à ce jour, peut-être même d’Europe : celui de Nadar.

Félix Nadar est un artiste polyvalent, né à Paris en 1820 et mort en 1910. Caricaturiste, écrivain, aéronaute… il est surtout connu pour avoir été un des précurseurs d’une toute nouvelle forme d’art : la photographie. Il est le portraitiste le plus en vogue à son époque, explorant les nouvelles pistes que permet cette nouvelle technologie. Il expérimente d’autres techniques, comme la photostérie, qui permet d’obtenir une image en relief, approchant la photographie de la sculpture. Il sera même un des tout premiers à s’essayer à la photographie sous-marine grâce à un caisson étanche, alors qu’on construit les bassins du Cap Pinède.

Parmi ses modèles, on peut citer Charles Baudelaire, Sarah Bernhardt, Gustave Courbet, Guy de Maupassant… la liste est longue ! Il est même un des premiers photographes à pratiquer l’autoportrait. Une de ses photos fait sûrement partie des plus connues en France : celle d’un vieux Victor Hugo, la tête posée posée sa main droite.

Portrait de Victor Hugo par Félix Nadar
Portrait de Victor Hugo par Félix Nadar

Le passage de Nadar à Maseille est relativement bref. L’artiste a toujours vécu à Paris ou dans sa région natale. En 1894, l’artiste est ruiné, il se brouille avec son fils Paul, et sa carrière est stoppée. Il décide alors de changer de vie et déménage dans le midi avec sa femme, malade. En route d’abord pour Nice, il décide en cours de route de s’installer à Marseille, où il fonde un nouvel atelier photographique, au 21 rue Noailles, aujourd’hui renuméroté 77 La Canebière. Il s’agit de son quatrième et dernier studio photographique.

La situation de l’atelier n’est pas anodine. En face de lui se dressent le Grand Hôtel de Marseille, l’Hôtel de Noailles et, plus loin, l’Hôtel du Louvre et de la Paix. Les Nouvelles Galeries seront bientôt inaugurées sur la parcelle voisine du studio. Enfin, il faut rappeler que la Société de photographie de Marseille était située à quelques mètres de là. Nadar organise bientôt des rendez-vous littéraires dans son atelier. C’est ainsi qu’il se lit d’amitié notamment avec le célèbre écrivain Frédéric Mistral, mais aussi avec les frères Lumière, qui organisent des projections non loin de là. Mais Nadar ne reste que dix ans à Marseille : il retourne à Paris en 1904, et y décède en 1910.

L’atelier restera en l’état lors du départ de l’artiste. L’immeuble, datant du XVIIIème siècle, es situé en fond de cour. Lorsqu’il s’installe, Nadar fait faire d’importants travaux pour y aménager son studio de prises de vues. Il fait construire une verrière en 100m² pour lui permettre de photographier en lumière naturelle. En-dessous, éclairé en second jour par des pavés de verre dans le plancher, il installe ses archives et la salle de retouche et, au rez-de-chaussée, le laboratoire. Dans le studio en lui-même, deux petites cabines en bois étaient aménagées, l’une pour l’habillage et le maquillage, l’autre pour examiner les clichés.

Les travaux ne modifient que très peu l’immeuble sur la rue : il aménage le rez-de-chaussée en boutique, où il installe l’enseigne réalisée par Antoine Lumière, et habite dans les étages avec sa femme. C’est ici, au premier étage, que les personnalités qui venaient se faire photographier étaient invitées à attendre, dans un petit salon nommé « salon de jonc », probablement à cause de sa décoration.

En quittant Marseille, Nadar vend son atelier à un de ses disciples, Fernand Detaille. Ce dernier et les deux générations de Detaille suivantes continueront d’utiliser les locaux jusqu’en 1987. C’est sûrement grâce à cette continuité de l’utilisation des locaux que l’héritage de Nadar a pu perdurer jusqu’en 2014.

L’effondrement de la toiture a malheureusement tout emporté. C’est vraiment regrettable ! Les lieux avaient pourtant gardé leur configuration de l’époque, mais la désaffection des locaux pendant près de 30 ans a eu raison de leur prestige.

Quant au matériel de Nadar, par chance, il fut d’abord légué à la famille Detaille, qui l’a ensuite offert à l’ancien Musée du Vieux-Marseille. Certains décors du studio, et même l’enseigne historique ont été préservés. Il appartient désormais au Musée de l’Histoire de Marseille. On peut d’ailleurs y contempler certains appareils de l’artiste. Maigre lot de consolation…

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D’un champ de manœuvre au Parc Chanot http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/dun-champ-de-manoeuvre-au-parc-chanot/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/dun-champ-de-manoeuvre-au-parc-chanot/#respond Mon, 13 Oct 2014 06:52:08 +0000 http://glumph.free.fr/?p=691 À l’angle des boulevard Michelet et Rabatau et ouvrant sur le Rond-Point du Prado, le Parc Chanot est un centre névralgique incontournable de Marseille. Par sa fonction de Parc des Expositions, mais aussi par son histoire, symbolique d’une époque où les échanges commerciaux vers l’Orient participeront à l’image multiculturelle de la cité phocéenne.
Le Parc Chanot est connu de tous les Marseillais. À deux pas du stade Vélodrome, cet espace accueille chaque année une manifestation très attendue : la Foire Internationale de Marseille. Toutes les manifestations culturelles et commerciales de Marseille se déroulent ici depuis plus de 100 ans.
À la fin du XIXème siècle, le Prado n’est qu’une simple avenue qui prend son départ à la place Castellane et s’ouvre sur le Sud. Le second Prado, qui emmènera vers la mer, n’existe pas encore ; les quartiers environnants ne sont pas urbanisés. Le futur stade Vélodrome ne sera construit qu’en 1937.  Ce qui deviendra le Parc des Expositions, entre les boulevards Michelet et Rabatau, n’est encore qu’un terrain vague, utilisé par l’armée comme champ de manœuvre.

La grille du Parc Chanot
La grille du Parc Chanot

La Première Exposition Coloniale

À cette époque, la France est, comme de nombreux autres pays européens, en pleine conquête de ses colonies : elle est présente sur les cinq continents, et cherche à mettre en place des relations commerciales solides entre les colonies et la métropole. L’Empire Français est en effet la deuxième puissance coloniale mondiale, avec ses 12 millions de km² hors métropole, derrière le Royaume-Uni. Les armateurs installés à Marseille savent que ce développement économique est une manne financière importante et, à l’image de Jules Charles-Roux et du docteur Heckel, ils cherchent à convaincre les acteurs politiques d’organiser une manifestation nationale à Marseille, afin d’asseoir leur rayonnement à l’International. La vocation de Marseille est donc de devenir la « porte de l’Orient », le grand port du commerce colonial : la ville a bénéficié du doublement des échanges intervenus entre 1897 et 1901.

L'Exposition Coloniale en 1906
L’Exposition Coloniale en 1906

Amable Jean-Baptiste Chanot est maire de Marseille depuis 1902. Fervent défenseur de la colonisation, il accepte la requête des industriels et propose d’organiser cette manifestation de grande ampleur : naît ainsi, en 1906, le projet de la première Exposition Coloniale. Les pavillons consacrés aux colonies de l’Exposition Universelle de Paris, en 1900,  avaient connu un grand succès, ce qui encourage d’autant plus les pouvoirs publics.

La manifestation est organisée sur un champ de manœuvre militaire, au bout du Prado réalisé quelques années auparavant. Le succès sera tel que l’année suivante, la Ville achètera le terrain.

Ainsi, du 14 avril 1906 jusqu’à sa fermeture le 18 novembre 1906, 1,8 millions de visiteurs se promènent dans les 25 ha consacrés à la manifestation. Organisée à travers la construction d’une cinquantaine de pavillons et de palais construits selon l’architecture de la région qu’ils représentent, la manifestation a pour objectif de présenter aux métropolitains les richesses des colonies, les différentes cultures qui y étaient découvertes, mais aussi et surtout de mettre en valeur le négoce marseillais et encourager les investisseurs. Cette première Exposition Coloniale a fortement marqué les esprits, à tel point qu’une deuxième exposition sera programmée pour 1916. Les bouleversements géopolitiques du début du siècle et la Première Guerre Mondiale pousseront les organisateurs à reporter cette seconde édition en 1922. Mais, enorgueillie par ce succès, la Ville souhaite renouveler au plus tôt une manifestation d’envergure et songe à tirer parti de ce parc parfaitement approprié à de telles manifestations.

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L’histoire du quartier de la Bourse http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/lhistoire-du-quartier-de-la-bourse/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/lhistoire-du-quartier-de-la-bourse/#comments Fri, 31 Jan 2014 09:03:16 +0000 http://glumph.free.fr/?p=616 Avec les grandes percées haussmanniennes, le quartier de la Bourse s’isole. L’insalubrité qui caractérisait les vieux quartiers devient la cible des différents projets urbains proposés par les municipalités successives. On décide de raser le quartier à l’aube de la Première guerre mondiale, pensant que le terrain allait vite trouver une nouvelle destination. Mais de décennie en décennie, les projets s’embourberont jusqu’à l’arrivée de Gaston Defferre à la tête de la Ville, pour y construire finalement un centre commercial… beaucoup décrié aujourd’hui encore.

Raser les quartiers vétustes

Le développement des échanges commerciaux fait apparaître un problème majeur dans la morphologie-même de Marseille : la configuration de son centre, avec ses ruelles sinueuses et son parcellaire étroit, limite forcement le transit des marchandises. Le XIXème siècle tente de répondre à cette problématique par les percées haussmanniennes, avec la rue de la République et la rue Colbert principalement. La création de cette dernière, la mise en valeur de la Canebière et la présence du Cours Belsunce délimite un nouveau quartier, auquel le Palais de la Bourse donnera le nom.

Isolé par la présence d’artères majeures sur trois côtés, et encore caractérisé par l’insalubrité de la vieille ville, ce territoire de 6 ha devient le centre d’attention des municipalités du début du XXème siècle. Le quartier de la Bourse est à l’image du reste de la vieille ville : il est considéré comme vieilli, malsain et insalubre ; il est aussi inadapté aux mutations que l’évolution galopante du port de commerce fait subir à la ville.

Consciente du potentiel du quartier de la Bourse, la Municipalité du Docteur Flaissières étudie en 1893 un projet urbain visant à démolir et remodeler le parcellaire du quartier. Ce premier projet avorte, mais est néanmoins relancé en 1906 : la nouvelle municipalité organise un concours d’architectes et en 1910, le décret d’utilité publique est promulgué. Les expropriations sont prononcées et le quartier existant est démoli par tranches successives jusqu’en 1929. Le périmètre concerné est occupé par quelques 500 maisons : en tout, l’opération fait déplacer plus de 7000 personnes.

Tandis que les démolisseurs sont en ordre de bataille, le plan de reconstruction s’étouffe dans d’innombrables tergiversations tant et si bien qu’en 1930, aucun projet viable ne fait encore consensus. La crise économique mondiale apparaît et les Marseillais se souviennent encore de la crise immobilière qu’a provoqué une trop forte création de logements avec le percement de la rue de la République.

C’est que le quartier est central : il est à proximité à la fois de la nouvelle gare Saint-Charles, de la Canebière resplendissante, du Vieux-Port et de l’axe historique Nord-Sud constitué de la rue de Rome, du Cours Saint-Louis, du Cours Belsunce et de la rue d’Aix. Pourtant, l’écart se creuse entre les populations du Nord, ouvrières voire pauvres, installées à proximité des installations portuaires, et celles du Sud, riches armateurs et négociants fortunés. L’échec de la commercialisation de la rue de la République et des quartiers Mirès d’une part, et le no-man’s-land du quartier de la Bourse d’autre part, cristallisent cette frontière sociale.

Le projet de Castel et Grebert

En 1931, l’architecte marseillais Gaston Castel et Jacques Grebert, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris, travaillent ensemble à un vaste projet d’aménagement et d’extension de Marseille. Inévitablement, leur projet évoque le destin du quartier de la Bourse. Leur principale proposition est de constituer un réseau de boulevards extérieurs qui relieraient les quartiers Sud aux quartier Nord et au Port, désengorgeant ainsi la vieille ville. Concernant le quartier de la Bourse, Jacques Grebert explique :

Si on ne considérait que l’état actuel des terrains et dans l’absence d’un plan général d’aménagement, il serait logique de dire que ce lotissement est à l’écart du mouvement et représente une possibilité d’utilisation pour l’habitation centrale, d’une valeur foncière intéressante, mais limitée aux possibilités du rendement résidentiel. Si, au contraire, la construction des voies essentielles dont nous venons de parler, se trouve décidée…, l’utilisation des lots à vendre est traitée de façon différente. L’habitation n’y tient plus qu’un rôle accessoire, pour ne pas dire nul, et l’occupation commerciale s’affirme, inévitablement complémentaire mais non concurrente de l’activité commerciale des rues Canebière, Saint-Ferréol et Paradis1.

Le projet de Gason Castel pour le quartier de la Bourse
Le projet de Gason Castel pour le quartier de la Bourse

Si l’idée d’une zone commerciale profitant d’être au carrefour des flux commence à faire son chemin, la municipalité suivante, menée par Henri Tasso, privilégie plutôt l’option du grand jardin central, déjà évoquée sous le mandat de Flaissière en 1923. L’idée défendue est celle d’un poumon qui serait le bienvenu dans une ville trop dense. Bien que cette option soit critiquée par certains, la commission départementale approuve le projet ; mais il faut encore obtenir le feu vert d’autres organismes : l’approbation par la commission supérieure, en voie de renouvellement, est finalement obtenue en 1938. La même année, la ville de Marseille est mise sous tutelle suite au dramatique incendie des Nouvelles Galeries sur la Canebière, ce qui ampute la Municipalité de son pouvoir décisionnaire. D’autres avis sont encore attendus : Beaux-arts, monuments historiques… Le projet de jardin est encore loin être approuvé quand éclate la Seconde guerre mondiale.

Avec l’installation du gouvernement de Vichy, le corps décisionnaire de la ville change. Gaston Castel, qui occupe le poste d’architecte en chef des Bouches-du-Rhône, est poussé vers la sortie par le nouveau gouvernement. À nouveau, l’idée de densifier les terrains de la Bourse réapparaît. Les populations pauvres ont entre temps réinvesti les zones laissées à l’abandon, si proches de toutes les commodités à la fois de la ville et du port. Le visage de Marseille a également été fortement transformé par l’arrivée des autoroutes Nord et Est, dont les terminaisons nerveuses sont toutes proches. Une intervention urbaine lourde sur le quartier de la Bourse se ressent comme de plus en plus pressente. Toutes les problématiques emblématiques de Marseille, souvent d’actualité aujourd’hui encore, se retrouvent dans ce périmètre : la question de la liaison de la ville à son port, l’arrivée brutale des autoroutes, la vétusté des quartiers, les campements… L’urgence de résoudre l’épineuse question fait l’unanimité. Eugène Beaudouin, architecte grand prix de Rome en 1928, est chargé du projet.

Le Palais de la Bourse en 1939
Le Palais de la Bourse en 1939

La nouvelle proposition marque pour le quartier de la Bourse un tournant dans l’approche globale du centre-ville. L’architecte imagine prolonger l’autoroute nord, qui s’arrête pour le moment à la Porte d’Aix, jusqu’au quai des Belges, transperçant ainsi le fameux quartier insalubre. De l’autre côté de la Canebière, l’autoroute Est, elle aussi, est prolongée jusqu’au Vieux-Port, faisant du quai des Belges la jonction des deux axes routiers majeurs de Marseille. Une vaste place monumentale est proposée ici. L’approche de Beaudouin ne fait guère de doutes : on propose l’éradication de l’insalubrité par la création des axes de circulation qui manquent en ville. C’est peut-être cette vision qui poussera l’armée allemande en janvier 1943 à expulser 20.000 personnes et à démolir toute la partie basse du quartier du Panier.

  1. Jacques Greber, Mémoire descriptif, Bibliothèque de l’Institut d’urbanisme de Paris, 1933.
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Les dégâts de la Seconde guerre mondiale à Marseille http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/les-degats-de-la-seconde-guerre-mondiale-a-marseille/ http://www.petites-balades-urbaines.com/les-projets-qui-ont-fait-marseille/les-grands-projets-du-xxeme-siecle/les-degats-de-la-seconde-guerre-mondiale-a-marseille/#respond Wed, 29 Jan 2014 14:36:20 +0000 http://glumph.free.fr/?p=608 Le Ministère de l’Égalité des territoires et du Logement vient de mettre en ligne une série de films d’archives sur le thème de la reconstruction, qui a suivi la seconde guerre mondiale. Parmi cette série figure cette vidéo de 1945, un document de grande qualité qui dresse un état des lieux de Marseille après l’Occupation.

Marseille, bien qu’épargnée pendant la première moitié de la seconde guerre mondiale, est touchée ensuite de plein fouet par l’Occupation allemande dès 1943. D’abord, les ruelles du Panier qui bordent les quais du Vieux-Port sont dynamités ; puis, en représailles au débarquement de Provence le 15 août 1944, et afin de ralentir la progression des Alliés, le port et ses infrastructures sont rendues inutilisables. S’en suivra une longue période de reconstruction, qui durera plus de 20 ans.

Cette vidéo datant de 1945 fait un état des lieux des installations portuaires telles qu’elles ont été récupérées par les Marseillais après les opérations de sabotage de l’armée allemande. On y voit les dernières images du pont transbordeur…

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